La piste de l'immunité croisée écartée — Coronavirus

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C'était jusque-là l'une des hypothèses avancées pour expliquer que les enfants sont moins touchés par le Covid-19. Menée notamment par l'institut Pasteur, elle révèle que l'exposition à d'autres coronavirus saisonniers ne les protègent pas de l'infection au Covid-19. "Attention à un raccourci sémantique souvent lu ou entendu: "neutralisant " ne signifie pas forcément "protecteur", car, quelle que soit la maladie virale, seule une concentration suffisante d'anticorps neutralisants, est réellement apte à empêcher le virus de se multiplier, donc à protéger le patient qui l'héberge, cette concentration étant actuellement inconnue", tient à préciser Marc Eloit. Les résultats ont été pré-publiés sur MedRxiv, le 30 juin 2020. Ces rhumes ne protègent donc pas du Covid-19. Mais peut aussi, plus rarement, entraîner des " atteintes sévères apparentées à la maladie de Kawasaki ", comme le rappelle l'Institut Pasteur. Parmi eux, 36 présentaient un syndrome apparenté à la maladie de Kawasaki. La question de l'éventuelle immunité croisée conférée par les quatre coronavirus saisonniers vis-à-vis de la Covid-19, a été récemment posée en raison de la mise en évidence d'anticorps et de cellules de l'immunité reconnaissant le virus SARS-CoV-2 chez des individus avant la phase épidémique. Des anticorps neutralisants le virus SARS-CoV-2 étaient présents chez 56% des enfants positifs, avec une fréquence relative augmentant avec le temps (jusqu'à 100% en fin d'étude, à 2 mois du pic de l'épidémie).

"L'infection par les coronavirus saisonniers n'offre pas une protection significative contre l'infection par le Sars-Cov-2 et les autres maladies associées comme le syndrome semblable à la maladie de Kawasaki", note Marc Eloit, responsable du laboratoire de découverte de pathogènes à l'Institut Pasteur.

Mais surtout, les chercheurs ont constaté que la présence et le taux d'anticorps contre les quatre coronavirus saisonniers, retrouvés chez 67-100 % des enfants en fonction des virus, étaient comparables entre les enfants séronégatifs et les enfants séropositifs pour le virus de la Covid-19. Un postulat d'autant plus séduisant qu'il permettrait d'envisager d'atteindre plus rapidement une protection collective efficace. Des chercheurs de l'Institut Pasteur ont étudié 775 enfants de 0 à 18 ans, séparés en trois groupes.

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