239 chercheurs alertent l’OMS sur la transmission dans l’air — Coronavirus

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"La maladie se transmet principalement d'une personne à l'autre par le biais de gouttelettes respiratoires expulsées par le nez ou par la bouche" affirme sur son site internet l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Parce que lourdes, ces gouttelettes retomberaient rapidement au sol.

Ces recommandations sont souvent peu coûteuses, arguent-ils, comme d'ouvrir portes et fenêtres; mais dans les consignes sanitaires actuelles, la priorité reste donnée au lavage de mains, aux masques et à la distanciation physique. Jusqu'à présent, l'OMS certifiait que le virus ne pouvait pas se transmettre par voie aérienne, à l'exception de procédures médicales générant des aérosols comme des intubations, des bronchoscopies ou encore des réanimations cardio-pulmonaires. Il n'a jamais été prouvé que ces particules de coronavirus étaient viables et pouvaient provoquer des infections.

Il n'y a pas de consensus scientifique que cette voie aérienne joue un rôle dans les contagions: mais Julian Tang, l'un des signataires, de l'Université de Leicester, répond que l'OMS n'a pas prouvé l'inverse: "L'absence de preuve n'est pas une preuve d'absence".

Ils conseillent de mieux ventiler lieux de travail, écoles, hôpitaux et maisons de retraite, et d'installer des outils de lutte contre les infections tels que des filtres à air sophistiqués et des rayons ultraviolets spéciaux qui tuent les microbes dans les conduits d'aération.

En revanche, les 239 chercheurs invitent l'OMS à revoir ses recommandations sanitaires, en particulier dans les espaces clos où le risque de contamination pourrait s'avérer plus élevé qu'imaginait. Ainsi, la climatisation est pointée du doigt: en Chine, à Canton, une personne sans symptôme avait contaminé des clients de deux tables voisines, sans contact.

Pour autant, d'autres scientifiques mettent en garde: cela ne veut pas dire que le virus est actif pendant plusieurs heures.

D'autres cas de supercontagions, dans un autocar chinois et dans une chorale américaine, accréditent aussi la piste aérienne. Pour 239 chercheurs de 32 pays, auteurs d'une lettre adressée à l'OMS, la Covid-19 se propage aussi via de plus petites gouttelettes émises lorsque l'on parle.

"La transmission par l'air de SARS-CoV-2 n'est pas universellement acceptée; mais notre opinion collective est qu'il existe bien assez d'éléments probants pour appliquer le principe de précaution", disent les scientifiques.

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