Airbus annonce vouloir supprimer 15000 postes, dont 5000 en France

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Le secteur aéronautique est en crise. Le grand rival, l'américain Boeing, a lui annoncé fin avril son intention de supprimer 10% de ses effectifs, soit 16.000 personnes, via des départs volontaires et des licenciements.

Les syndicats se sont dits opposés à tout départ contraint: d'après Xavier Petrachi, responsable syndical CGT, "Airbus a largement les moyens de conserver les compétences et de s'engager dans un nouveau programme d'avion régional à gaz à effet de serre neutre pour 2030 ". "Grâce aux différentes aides des gouvernements, nous avons réussi à éviter des réductions d'effectifs proportionnelles à la réduction de la production", a souligné Guillaume Faury, en rappelant que la baisse d'activité dans l'aviation commerciale était de 40% et pourrait rester à ce niveau durant deux ans. Airbus se dit par ailleurs, reconnaissant du soutien gouvernemental "qui a permis à la société de limiter ces mesures d'adaptation nécessaire mais précise encore que le trafic aérien ne devant pas retrouver son niveau d'avant COVID avant 2023, voire 2025, Airbus devra prendre des mesures supplémentaires".

Depuis plusieurs semaines, M. Faury, dirigeant d'un groupe comptant 135 000 salariés, dont 81 000 dans sa branche d'avions commerciaux, prévient que la crise engendrée par l'épidémie due au coronavirus met en jeu la "survie d'Airbus ". Une partie de ces suppressions d'emploi touchent la filiale française d'Airbus Stelia Aerospace et l'allemande Premium Aerotec.

"Le chiffre de suppressions d'emplois annoncé par Airbus est excessif", a réagi une source au ministère français de l'Economie et des Finances. " Nous attendons d'Airbus qu'il utilise pleinement les instruments mis en place par le gouvernement pour réduire le nombre de suppressions d'emplois", a précisé Bercy dans une déclaration transmise à l'AFP.

Airbus s'apprête à annoncer mardi un plan de restructuration prévoyant des suppressions d'emplois massives pour faire face à la crise du transport aérien, qui a conduit l'avionneur européen à réduire de plus d'un tiers ses cadences de production.

Ce plan doit être présenté cet après-midi aux syndicats lors d'un comité de groupe extraordinaire. "Elle a malheureusement le potentiel de devenir plus grave encore, par exemple si une seconde vague intervient l'hiver prochain", écrit Guillaume Faury dans une lettre aux salariés du groupe.

"Nous allons négocier, et si cela ne suffit pas, on verra", renchérit le délégué central FO, Jean-François Knepper, excluant dans l'immédiat un appel à la grève.

Derrière Airbus, ce sont des milliers de fournisseurs, pour la plupart de petites et moyennes entreprises, qui sont touchées.

Selon le syndicat CGE-CGC, " aucun départ contraint de salariés du groupe ne pourra être envisagé ".

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