Stop aux armes américaines vers Hong Kong: Pékin se fâche

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Par ces mots, Carrie Lam, la cheffe de l'exécutif hongkongais, s'est refusée à dire si le texte avait été effectivement adopté.

Ce texte, élaboré en seulement six semaines et dont le contenu n'est pas connu des près de 7,5 millions de Hongkongais, contourne le conseil législatif local. Le Comité permanent du Parlement, une instance soumise au Parti communiste chinois (PCC), "a adopté la loi sur la sécurité nationale" et le chef de l'Etat, Xi Jinping, "l'a promulguée" dans la foulée, a annoncé l'agence de presse officielle Chine nouvelle.

"Cette loi, qui entend réprimer le " séparatisme ", le " terrorisme ", la " subversion " et la " collusion avec des forces extérieures et étrangères ", vise à ramener la stabilité dans l'ex-colonie britannique secouée l'an passé par des manifestations monstres contre le pouvoir central.

Ignorant les appels de pays occidentaux, notamment en provenance de l'Union européenne, et de l'opposition pro-démocratie hongkongaise, Pékin compte bien imposer ce texte, qui est considéré par ses détracteurs comme une manière de réduire au silence le mouvement pro-démocratie. En un sens, l'adoption de la loi sur la sécurité nationale est perçue par les autorités chinoises comme un "deuxième retour de Hong Kong à la Chine".

Des militants comme Joshua Wong, qui a fait de la détention pour ses activités, sont régulièrement attaqués par les médias chinois qui les qualifient de "séparatistes" alors même que Demosisto n'appelle pas à l'indépendance de Hong Kong. Avec de vastes pouvoirs et une loi mal définie, la ville va se transformer en État policier. L'idée de confier à un organisme du pouvoir chinois des prérogatives dans le territoire autonome inquiète fortement l'opposition hongkongaise. "Nous ne pouvons plus distinguer les exportations d'articles contrôlés vers Hong Kong de celles vers la Chine continentale", a-t-il dit. Depuis sa rétrocession, Hong Kong jouit d'une large autonomie, en vertu du principe "Un pays, deux systèmes".

Avec cette nouvelle loi, les gouvernements occidentaux disent toutefois s'inquiéter pour le statut international de la ville, l'une des principales places financières mondiales.

Le département américain du Commerce a annoncé lundi qu'il suspendait un "traitement préférentiel de Hong Kong du fait de la Chine, notamment le recours à une exemption pour les transferts de licences". Le G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) a également appelé à revenir sur ce projet.

Anticipant le vote et fermement opposé à Pékin sur le dossier hongkongais, Washington avait annoncé lundi la fin des ventes d'équipement de défense sensible à Hong Kong pour éviter "qu'il tombe aux mains" de l'armée chinoise.

Les États-Unis avaient annoncé dès vendredi des restrictions de visas pour les responsables chinois accusés de "remettre en cause" l'autonomie du territoire. La Chine a répliqué avec une mesure similaire visant les Américains " s'étant mal comportés " en critiquant la loi.

"Je pense qu'en ce moment, il ne me revient pas de commenter les questions relatives à la loi sur la sécurité nationale", a déclaré Mme Lam.

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