La Chine adopte la loi controversée sur la sécurité — Hong Kong

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" La loi sur la sécurité nationale pour Hong Kong a été officiellement adoptée par le comité permanent de l'Assemblée nationale populaire", a confirmé le plus important parti pro-Pékin dans l'ancienne colonie britannique, l'Alliance démocratique pour l'amélioration et le progrès à Hong Kong (DAB).

Élaboré en seulement six semaines, le contenu de ce texte n'est donc pas connu des quelque 7,5 millions de Hongkongais, qui ignorent la nature exacte des crimes passibles de cette nouvelle loi.

Pour Pékin, il s'agit de mettre fin aux violences ayant émaillé les manifestations de 2019 et de réprimer le courant pro-indépendance dans le territoire. Les opposants redoutent qu'elle serve à museler toute dissidence et à enterrer la semi-autonomie et les libertés dont jouissent les habitants de Hong Kong.

"Cette loi, qui entend réprimer le " séparatisme ", le " terrorisme ", la " subversion " et la " collusion avec des forces extérieures et étrangères ", vise à ramener la stabilité dans l'ex-colonie britannique secouée l'an passé par des manifestations monstres contre le pouvoir central.

Un "organe de sécurité nationale", relevant directement du gouvernement central, devrait par ailleurs être institué à Hong Kong - une première. Il sera notamment chargé de collecter des informations.

Après que Washington a imposé des restrictions de visa aux fonctionnaires du Parti communiste chinois pour "atteinte à l'autonomie de Hong Kong et aux droits de l'Homme", la Chine a décidé le 29 juin de prendre des mesures semblables à l'égard des Américains.

"Cela marque la fin de Hong Kong tel que le monde la connaissait. Avec des pouvoirs étendus et une loi mal définie, la ville se transformera en un #étatdepolicesecrète", a tweeté mardi Joshua Wong, une des figures du mouvement pro-démocratie hongkongais. Tous quatre ont cependant affirmé qu'ils continuerait à militer à titre individuel. "Dès lors que Pékin considère Hong Kong comme "Un pays, un système", nous devons en faire de même ", a estimé Mike Pompeo.

Les Hongkongais bénéficient ainsi de la liberté d'expression, de la liberté de la presse et d'une justice indépendante.

Mais la région est dirigée par un gouvernement local dont les membres sont systématiquement inféodés à Pékin, aux termes d'un processus de sélection qui écarte les personnalités d'opposition.

Les gouvernements occidentaux ont déclaré ces dernières semaines s'inquiéter du statut international de la ville, l'une des principales places financières mondiales. Le G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) a également appelé à revenir sur ce projet.

Des militants comme Joshua Wong, qui a fait de la détention pour ses activités, sont régulièrement attaqués par les médias chinois qui les qualifient de "séparatistes" alors même que Demosisto n'appelle pas à l'indépendance de Hong Kong.

Anticipant l'adoption de ce texte, Washington avait annoncé vendredi une mesure similaire, soit la mise en place de restrictions de visas contre certains responsables chinois accusés de remettre en cause l'autonomie hongkongaise. Des manifestations d'ampleur semblent à première vue difficiles à organiser: les autorités de Hong Kong interdisent toujours les rassemblements de plus de 50 personnes en raison de l'épidémie de Covid-19.

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