Apple fait encore grincer l'Union européenne

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L'Apple Store fait aussi l'objet d'une seconde enquête séparée. Mais la fronde de ces derniers jours fragilise les fondations de la boutique, une brique essentielle du pouvoir d'attraction des produits d'Apple.

À quelques encablures de la WWDC 2020, ça la fout mal. Avant même de débuter, la fête des développeurs est entachée par l'annonce d'une enquête formelle de la Commission européenne, qui va s'intéresser de très près aux pratiques de l'App Store.

La première concerne l'utilisation obligatoire du système d'achat intégré propriétaire "IAP" d'Apple pour la distribution de contenu numérique payant.

L'enquête sur l'App Store fait suite à une plainte de Spotify qui dénonçait la commission élevée (30%) qu'Apple perçoit lorsque les consommateurs effectuent des achats intégrés aux applications. Spotify a déposé une plainte officielle en 2019 qui contestait les restrictions imposées par Apple sur les applications qui n'utilisent pas son système de paiement sur son App Store. "Les enquêtes concernent l'application de ces règles à toutes les applications qui sont en concurrence avec les applications et services d'Apple dans l'Espace économique européen ", lit-on dans le communiqué.

La CE a déclaré qu'elle allait enquêter sur deux restrictions imposées par Apple dans ses accords avec les entreprises souhaitant distribuer des applications aux utilisateurs d'appareils Apple. L'obligation d'utiliser le système IAP semble également permettre à Apple de contrôler totalement la relation avec les clients de ses concurrents qui s'abonnent dans l'application, ce qui empêche ses concurrents de disposer de données importantes sur leurs clients, tandis qu'Apple peut obtenir des données précieuses sur les activités et les offres de ses concurrents.

"Les applications mobiles ont fondamentalement changé la façon dont nous accédons au contenu". Spotify, Netflix, Tinder ou encore Epic Games (créateur du jeu vidéo à succès Fortnite): tous ces grands groupes ont publiquement et vertement critiqué ces pratiques.

Apple Pay prive-t-il les consommateurs des solutions de paiement? D'autres sources de chiffre d'affaires dans cette catégorie sont les applis de voyages telles Booking.com et Polarsteps (57 milliards de dollars), les applis de taxi comme Uber (40 milliards de dollars) et des applis de livraison de denrées alimentaires telles Picnic, ainsi que l'application d'Albert Heijn (31 milliards de dollars).Les biens et services numériques ont engendré 61 milliards de dollars de chiffre d'affaires et de paiements.

L'enquête sur Apple Pay concerne "la limitation instaurée par Apple de l'accès à la fonctionnalité de communication en champ proche (Near Field Communication, NFC) dite "tap and go" sur les iPhones pour les paiements en magasin, ainsi que sur des refus allégués d'accès à Apple Pay". Par la voix de son président et directeur juridique, Brad Smith, l'entreprise a estimé qu'il était temps que les autorités de la concurrence américaines et européennes se penchent sur le cas du magasin de distribution de logiciels et de services d'Apple. Grâce à Apple Pay, les détenteurs d'iPhone ou d'Apple Watch peuvent régler directement leurs achats chez les commerçants, en appliquant leur appareil sur le même terminal que celui des cartes visa sans avoir besoin de taper de code. En plus de son monopole, l'entreprise américaine facture une commission sur chaque transaction ainsi que sur chaque carte bancaire activée dans l'application portefeuille (Wallet). Ce réglage pouvait interrompre un paiement en cours réalisé avec Twint.

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