Rétractation de trois auteurs de l'étude du Lancet — Hydroxychloroquine

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Les groupes étudiés ont été comparés aux 81 000 malades à ceux n'ayant reçu aucun traitement.

Dans le cas contraire, avec le ralentissement de l'épidémie qui rend plus difficile d'enrôler de nouveaux patients, le débat acharné entre défenseurs et détracteurs de la fameuse molécule risque de se poursuivre.

Décidément, cette étude controversée sur l'hydroxychloroquine publiée il y a deux semaines aura fait grand bruit.

The Lancet avait pris mardi ses distances avec sa propre étude.

Une conclusion que d'autres études avaient également tirée mais qui a été particulièrement prise en compte, notamment par l'OMS qui avait décidé de suspendre ses essais cliniques sur l'hydroxychloroquine contre le Covid-19.

L'agence française du médicament (ANSM), va elle aussi réexaminer sa position après avoir suspendu par précaution les essais.

L'étude en question soulignait d'ailleurs elle-aussi la nécessité de poursuivre les essais cliniques pour "confirmer" ses résultats. Sanofi a stoppé la livraison du médicament. Par contre, le professeur Didier Raoult et ses partisans les trouvent " formidablement efficaces " et sans danger. Premièrement, l'étude est observationnelle.

Il y a déjà plusieurs années, le Dr Desai avait fait sur internet la promotion d'un produit appelé Neurodynamics flow qui selon développait les capacités intellectuelles. Il s'agit d'un essai clinique contrôlé et randomisé (patients choisis par tirage au sort), méthode considérée comme la plus solide. Comme le rapporte le quotidien The Guardian, des patients d'un hôpital en Asie ont été classés comme originaires d'Australie. Les tests sur les autres pistes que l'hydroxychloroquine continuent.

Qui est à l'origine de l'article?

Mandeep Mehra est le principal auteur de l'étude et son coordinateur. Ces derniers ont évoqué la responsabilité de Surgisphere, une société spécialisée dans l'analyse de données de santé. Sapan Desai était chargé de superviser l'acquisition et l'analyse statistique. L'un d'entre eux, un pharmacien, avait même fini par créer le Coca Cola.

"Nous ne pouvons plus nous porter garants de la véracité des sources des données primaires", écrivent les trois auteurs au Lancet, mettant en cause le refus de la société les ayant collectées, dirigée par le quatrième auteur, de donner accès à la base de données.

Dans une lettre ouverte publiée le 28 mai, des dizaines de scientifiques du monde entier soulignent que l'examen minutieux de l'étude du Lancet soulève " à la fois des inquiétudes liées à la méthodologie et à l'intégrité des données ". Quelques jours après, nouveau rebondissement, trois des quatre auteurs de cette étude ont retiré leur signature de cet article en raison des doutes sur les données utilisées.

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