Salaires des navigants et guerre des prix — Ryanair

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" Le chantage n'est jamais une voie ", a assuré le ministre de l'Économie, ce mardi, alors que le syndicat majoritaire chez Ryanair en France indique que la compagnie menace de supprimer des emplois s'il n'accepte pas des baisses de salaires. En cas de refus, la compagnie supprimerait 29% des pilotes et 27% des copilotes, soit 23 pilotes sur les 81 de la compagnie aérienne en France.

"En revanche, qu'il y ait des accords d'entreprise de longue durée qui permettent de préserver l'emploi, en inventant des dispositifs imaginatifs (.) ça oui, c'est même souhaitable", a ajouté Bruno Le Maire.

"L'impact serait aussi douloureux chez les PNC, précise RTL: baisse de salaire " de 10% à partir du 1er juillet 2020 " et pour cinq ans, décote de 10% pour les nouveaux entrants, et réduction du temps de travail de 2000 à 1600 heures par an, " avec à la clef une baisse de salaire passant de 1.539 euros par mois à 1.231 euros par mois ".

Depuis 2017, un dispositif d'"accord de performance" permet à une entreprise d'ouvrir des discussions sur le temps de travail ou les rémunérations, en contrepartie d'un engagement à ne pas licencier, ou à augmenter à nouveau les salaires quand la situation économique s'améliore, a-t-elle souligné sur BFM Business. Ce type d'accord a été instauré "dans un esprit qui n'est pas du tout celui qu'utilise Ryanair", selon Muriel Pénicaud, ministre du Travail.

Accepter une baisse temporaire de son salaire ou se faire licencier. La compagnie low cost le fait "sous forme de chantage" alors qu'elle "a été assez spécialiste d'une politique sociale bas de gamme", a-t-elle jugé.

Ryanair a profité du programme de l'État pour aider les entreprises à traverser la période de fermeture de deux mois en plaçant les employés en chômage partiel, a déclaré Penicaud. Ryanair a, ainsi, proposé à ses pilotes et personnels navigants français de baisser leurs salaires de 20 % pour les plus hauts salaires, relate BFMTV. La perte de salaire serait de 10 % pour les hôtesses et stewards.

Ryanair n'est pas la seule entreprise à demander un tel effort à ses salariés. "Ce type d'entreprise prospère sur la logique low cost", a commenté sur France Info M. Berger, pour qui la compagnie irlandaise "pressure ses salariés depuis des années".

Le secrétaire général de FO, Yves Veyrier, a dénoncé au micro de RTL le "comportement de prédateur", "ni légal, ni acceptable" de cette compagnie, qui n'a pas organisé "ne serait-ce qu'une réunion du comité social et économique régulière".

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