Décès de la cantatrice française Mady Mesplé à l’âge de 89 ans

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"Elle pouvait tout interpréter, avec justesse et sensibilité et aura contribué à faire rayonner notre culture sur les scènes du monde entier", a renchéri le ministre de la Culture Franck Riester. Elle était une cantatrice connue à la fois pour ses interprétations d'opéra, d'opérette, de musique contemporaine.

Dans les années 1950, c'est avec son interprétation dans Lakmé, un opéra de Léo Delibes, à Liège, qu'elle se fait connaître. Une cantatrice hors norme, une amie & 1 grande dame que j'ai eu l'honneur de recevoir au Capitole pr sa décoration de l'ordre national du mérite.

Elle fut l'une des rares cantatrices françaises à mener une carrière réellement internationale, débutant à Miami dans Lakmé, avant de chanter à Madrid, Lisbonne, Londres, le Met de New York (en 1972), le Bolchoï de Moscou (1972), Tokyo, etc. Elle s'est illustrée aussi bien dans les rôles du répertoire français (Lakmé, Philine, Olympia, Ophélie), qu'italien (Lucia, Gilda, Norina, Rosina, Amina) et allemand (la Reine de la Nuit de La Flûte enchantée, Zerbinetta d'Ariane à Naxos au Festival d'Aix-en-Provence en 1966). Un rôle fétiche pour elle. Elle a triomphé à l'Opéra Garnier de Paris avec le rôle-titre de Lucia di Lammermoor de Donizetti cette année-là. J'avais une voix juste, et ça c'est un don. "Qu'est-ce qu'on peut faire contre cela ou pour cela" confiera-t-elle beaucoup plus tard.

Elle qui avait toujours beaucoup travaillé, lorsqu'elle a enseigné au conservatoire s'est étonnée qu'on n'y enseigne "qu'une heure et quart de solfège par jour alors qu'on en avait six à mon époque".

Elle avait vécu comme un "effondrement" le renoncement à devenir pianiste.

Atteinte de la maladie de Parkinson depuis le milieu des années 90, Mesplé s'était à la fin de sa carrière tournée vers l'enseignement, que ce soit à Lyon, Bordeaux ou à l'Ecole normale de musique de Paris.

"C'était une boulimique de musique, poursuit Christophe Ghristi". Elle venait à tous les spectacles au Théâtre du Capitole, avec une soif d'entendre de la musique. Le compositeur Charles Chaynes, Toulousain comme elle, lui dédiera ses "Quatre poèmes de Sappho pour soprano et trio à cordes" qu'elle créera le le 26 novembre 1968 au Capitole.

Sur Twitter, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc se dit très ému après cette disparition.

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