Manifestation devant l'usine Nissan de Barcelone

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Des centaines de personnes ont bloqué jeudi les alentours de l'usine Nissan de Barcelone, brûlant des pneus et scandant des slogans pour protester contre la décision du constructeur automobile japonais de fermer ce site en décembre dans le cadre d'un vaste plan mondial de restructuration et de réduction des coûts.

"Nous regrettons cette décision de Nissan, de quitter non seulement l'Espagne mais l'Europe, un marché de 700 millions de consommateurs, et de concentrer ses activités en Asie, et ceci malgré les efforts énormes consentis par le gouvernement pour maintenir l'activité de l'entreprise", a réagi la ministre des Affaires étrangères Arancha Gonzalez, à la radio nationale. Une décision que le gouvernement ibérique regrette puisque l'établissement emploi environ 3000 personnes.

La ministre espagnole des Affaires étrangères a assuré que "toutes sortes de soutiens, d'aides et d'accompagnements avaient été offerts" à Nissan qui a préféré "recentrer ses activités indépendamment des plans" de soutien européens. L'industrie automobile représente 10% de son PIB.

Le directeur général de Nissan, Makoto Uchida, a déclaré: "Je ferai tout mon possible pour ramener Nissan sur la voie de la croissance".

En 2019 Nissan employait 138.900 salariés dans le monde.

C'est pourquoi il veut baisser ses coûts fixes de 300 milliards de yens (2,5 milliards d'euros) et réduire de plus d'un million d'unités ses capacités de production d'ici mars 2023.

Nissan a aussi annoncé jeudi une perte nette colossale de 671,2 milliards de yens (5,7 milliards d'euros) sur son exercice clos au 31 mars. Le groupe ne s'était pas retrouvé aussi lourdement déficitaire depuis 20 ans, quand il avait dû être sauvé par Renault pour éviter la faillite.

Le groupe confirme ainsi sa volonté de mettre fin à la course aux volumes qui était au cœur de la stratégie de Carlos Ghosn, l'ancien patron de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, qui a fui au Liban fin 2019, plus d'un an après avoir été arrêté au Japon pour malversations financières présumées.

Le groupe n'a pas donné de prévisions de résultats pour 2020/21 dans l'immédiat.

Avant même le coronavirus, il était déjà en mauvaise posture du fait du ralentissement du marché automobile mondial, mais aussi à cause du manque de renouvellement de ses modèles, de sa rupture avec son ancienne politique de prix au rabais aux États-Unis et d'une image de marque dégradée. "Cette alliance est faible (.) Elle ne peut rien imposer à ses membres, à la différence des grands groupes intégrés" comme Volkswagen ou Toyota, dont la rentabilité est bien supérieure pour des ventes équivalentes.

L'Espagne est le deuxième constructeur de voitures de l'Union européenne derrière l'Allemagne.

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