Edouard Philippe promet un "investissement massif" pour soutenir les hôpitaux — Santé

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Tout à la fois des salaires augmentés de manière "significative" et une évolution de leur "quotidien" à l'hôpital "dans les tout prochains mois".

Le Premier ministre estime qu'il faut "garder intacte" la "motivation" des professionnels de santé, qui ont été mis à l'épreuve par la crise du coronavirus.

Le Premier ministre a ainsi délimité plusieurs grands enjeux: l'un d'eux, la revalorisation des rémunérations des soignants. Il a tenu à souligner que la question du temps de travail n'était "pas un tabou". Le maître mot doit être celui du pragmatisme. Je ne préjuge pas ici du résultat des discussions qui se tiendront dans les prochains jours, mais j'ai dit qu'il fallait lever les contraintes de toute nature " a insisté le Premier ministre. "Le temps de travail doit être regardé de la même façon", a-t-il ajouté.

"Édouard Philippe a fixé cinq axes pour la concertation, qui se déroule sous l'égide de Nicole Notat, ex-dirigeante de la CFDT: " Reconnaissance pour nos soignants ", " Investissement massif ", " Agilité retrouvée", " Organisation territoriale " et " Modernisation par le numérique ". S'il n'a pas donné de chiffre, il a assuré que celle-ci serait " significative ".

" Vu l'ampleur des défis, le calendrier est serré ", a-t-il concédé, tout en admettant qu'il faut en France, " trouver un système plus intelligent, plus respectueux de la qualité des soins, de la qualité du travail des soignants, et moins centré sur la nécessité de multiplier les actes pour dégager des recettes ".

Et de poursuivre: "La crise exige de nous non pas nécessairement de changer de cap mais très nécessairement de changer de rythme (.) La crise sanitaire est un révélateur et un accélérateur, il vous appartiendra d'en détailler les enseignements (.) Il y a eu de grandes difficultés, il est de notre devoir de les corriger mais les Français peuvent être fiers de leur hôpital public".

Le Premier ministre a ensuite évoqué "l'enjeu de l'investissement et des modalités de financement de l'hôpital".

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, l'avait annoncé la semaine dernière. Le chef du gouvernement a jugé par ailleurs nécessaire de "réorienter" les investissements, pour "accélérer les projets" portés par les hôpitaux et les accompagner "dans leurs démarches de désendettement". Une prise de position déjà relayée par Olivier Véran, qui a jugé nécessaire de remettre en cause les " carcans qui empêchent ceux qui le souhaitent de travailler davantage ". La dette des hôpitaux publics français atteint aujourd'hui près de 30 milliards d'euros.

Emmanuel Macron avait promis lors d'une visite à l'hôpital de Mulhouse le 25 mars "un plan massif d'investissement" pour l'hôpital à l'issue de la crise du coronavirus. "Monsieur le président, montrez-nous qu'on peut compter sur vous", exhorte un collectif de soignants dans un courrier au chef de l'Etat publié par Libération.

Depuis le début de l'épidémie, 100.340 personnes ont été hospitalisées dans le pays, dont 17.725 en réanimation. Martin Hirsch, président l'AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris), estime la remise à niveau pour les paramédicaux "de l'ordre de 15 à 20 %", plaidant pour une approche "différenciée" selon les besoins et les spécialités.

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