Pékin célèbre sa "réussite" malgré le choc — Virus

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La Chine a largement jugulé l'épidémie sur son territoire et les restrictions de déplacement sont progressivement levées.

"Nous, fils et filles de la nation chinoise, sommes restés unis pendant une période infiniment difficile et avons élevé une grande muraille de solidarité", a-t-il déclaré. Mais avant toute chose, le Premier ministre chinois a célébré la "réussite stratégique majeure" du pays dans sa gestion de la crise sanitaire. "C'est l'incompétence de la Chine, et rien d'autre, qui a provoqué cette tuerie de masse mondiale", avait tonné mercredi le président américain Donald Trump.

Le succès remporté contre l'épidémie "s'est payé d'un prix élevé", a-t-il reconnu, en référence au plongeon du produit intérieur brut au premier trimestre (-6,8%, une première dans l'histoire de la République populaire).

La Chine a décidé vendredi de ne pas fixer d'objectif de croissance cette année, un bouleversement inédit pour le géant asiatique, toujours fragilisé par la pandémie de nouveau coronavirus.

"Notre pays sera confronté à certains facteurs qui sont difficiles à prévoir", s'est-il justifié, alors que les principaux clients de la Chine, Europe et Amérique du Nord, sont en panne. C'est l'objet de la session 2020 de l'Assemblée nationale populaire (ANP, le parlement chinois), grand messe annuelle du régime communiste chinois. Le pays va laisser filer son déficit cette année à 3,6% du PIB (contre 2,8% l'an dernier) mettant ainsi un frein à sa politique de désendettement pour soutenir une économie en souffrance.

Le Premier ministre a également annoncé l'émission d'un emprunt d'Etat de 128 milliards d'euros, auquel s'ajoute un vaste plan d'investissement de 481 milliards d'euros. Signe des difficultés économiques, ce budget, le deuxième du monde après celui des Etats-Unis, augmente moins que l'an dernier (7,5%).

La cheffe de l'exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, s'est dite prête vendredi à "coopérer pleinement" avec Pékin afin d'appliquer la loi sur la sécurité nationale que le régime chinois entend imposer au territoire autonome.

L'opposition démocratique hongkongaise a vivement réagi ainsi que les États-Unis, qui ont mis en garde Pékin contre une loi "très déstabilisatrice". La dernière tentative de mise en œuvre de l'article 23, en 2003, avait échoué face à des manifestations monstres dans les rues hongkongaises.

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