Billets annulés : une association de consommateurs assigne 20 compagnies aériennes

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"Ce faisant, l'UFC-Que Choisir n'a d'autre choix que de porter le combat devant les tribunaux". Devant la persistance des pratiques des compagnies sévèrement touchées par l'impact de la crise du coronavirus, l'UFC Que Choisir a assigné devant le Tribunal Judiciaire de Paris vingt compagnies aériennes (Air France, Lufthansa, Royal Air Maroc, Tunisair, KLM, Ryanair, Volotea, Air Caraibes, Norwegian, Air Austral, Transavia France, Air Algérie, Turkish Airlines, Emirates, Air Europa, Vueling Airlines, Air Corsica, TAP Air Portugal, Corsair et Air Transat) pour qu'elles respectent la réglementation.

"Une compagnie (il s'exprimait à propos d'Air France, Ndlr) qui se voit prêter six milliards d'euros garantis avec l'argent du contribuable pourrait faire l'effort de rembourser ses clients et les agences de voyages de ses vols annulés (...) D'autres compagnies, comme Air Algérie, ont bien décidé de restituer l'argent comme la loi le prévoit", avait-il affirmé.

Le 24 avril dernier, l'UFC-Que Choisir mettait en demeure 57 compagnies aériennes qui reniaient le droit à remboursement de plusieurs millions de passagers aux vols annulés en leur imposant des bons d'achat. "Certaines compagnies font croire aux consommateurs que la situation particulière de pandémie leur permettrait de ne proposer qu'un bon d'achat". D'autres acceptent de rembourser leurs passagers mais en suspendent le paiement jusqu'à une date indéterminée, voire après la fin de la crise sanitaire. Confrontées à des "contraintes de liquidité sans précédent" selon A4E, principale association européenne de secteur, plusieurs compagnies ont proposé à leurs clients des avoirs valables sur plusieurs mois, plutôt qu'un remboursement pur et simple des billets.

"Il n'est pas acceptable que les consommateurs subissent une discrimination selon la date d'annulation, cette dernière étant qui plus est fixée discrétionnairement par la compagnie aérienne". "Les passagers n'ont pas vocation à être les financiers des compagnies aériennes, il y a des banques pour cela", a fait valoir Raphaël Bartlomé, responsable du service juridique d'UFC-Que choisir. "Tout ça va se nouer au fil des jours qui viennent", a réagi ce mardi matin le secrétaire d'État chargé des Transports sur BFMTV. " Peut-être que pour l'avenir il faudra créer un fonds pour les voyageurs, c'est un sujet en cours à la Commission européenne", a encore ajouté Jean-Baptiste Djebbari.

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