TSMC ne prend plus de commandes de Huawei

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Dans un communiqué publié le 13 mai, la Maison-Blanche a décidé de prolonger un décret signé en mai 2019 qui interdit aux entreprises américaines d'utiliser des équipements de télécommunications fabriqués par des entreprises "présentant un risque pour la sécurité nationale", parmi lesquelles figurent Huawei ou encore ZTE.

Le département du Commerce des Etats-Unis a annoncé vendredi avoir amendé un règlement sur les exportations dans le but de "viser stratégiquement l'acquisition par Huawei de semi-conducteurs qui sont le produit direct de certains logiciels et technologies américaines".

La nouvelle sanction ne touchera pas seulement Huawei, mais aussi TSMC. Cela affectera toutes les fonderies utilisant des technologies américaines, y compris celles situées à l'étranger, dont certaines sont les principaux fournisseurs de Huawei. Le ministère a ajouté que "lannonce met fin aux efforts de Huawei pour saper les contrôles à lexportation des États-Unis ".

Plus tôt dans la journée de lundi, le Nikkei Asian Review a rapporté que la Taiwanese Semiconductor Manufacturing Co, le plus grand fabricant de semi-conducteurs au monde qui alimente de nombreux téléphones haut de gamme de Huawei, a cessé de prendre de nouvelles commandes de Huawei, l'un de ses plus gros clients.

Selon le média, proche du gouvernement chinois, la Chine envisagerait de lancer des enquêtes et des restrictions à l'encontre d'entreprises américaines telles qu'Apple, Cisco Systems ou encore Qualcomm. Principale victime: l'entreprise TSMC, qui fournit plus de 90 % des puces pour smartphones à Huawei, précise CNBC.

"Nous suivons de près le changement des règles d'exportation américaines", a déclaré la TSMC dans un communiqué, suite à la décision américaine.

"À long terme, l'interdiction américaine va nuire à la confiance et à la collaboration au sein de l'industrie mondiale des semi-conducteurs dont dépendent de nombreuses industries, augmentant les conflits et les pertes au sein de ces industries".
Cela ne fera que saper la confiance des entreprises internationales dans la technologie et les chaînes d'approvisionnement américaines.

Les décisions de TSMC indiquent cependant qu'elle tente de renforcer ses liens avec les États-Unis, puisqu'elle prévoit de construire une nouvelle usine de fabrication de puces avancées en Arizona, d'une valeur de 12 milliards de dollars, avec le soutien de l'État et du gouvernement fédéral américain.

Avec ce nouvel investissement, la Chine parie sur le fabricant de puces local pour pouvoir réduire la dépendance du pays à l'égard de la technologie américaine.

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