Le groupe Renault envisage de fermer trois sites en France

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Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, a déclaré mercredi qu'il ne fallait pas se précipiter sur les rumeurs, se refusant à tout commentaire sur les informations du quotidien Les Echos qui écrit mercredi que Renault envisage de fermer plusieurs sites en France. Elle est due à des années de gouvernance de Carlos Ghosn [l'ancien PDG], qui a été érigé comme un dieu pendant des années et on voit les conséquences de sa stratégie.

Toujours selon les mêmes sources, l'usine de Flins, où sont assemblées la citadine électrique Zoé et la Nissan Micra, devrait également cesser ses activités d'ici quelques années. Renault doit dévoiler le 29 mai les contours d'un vaste plan d'économie de 2 milliards d'euros annoncé en février.

Interrogée par l'AFP, la direction de Renault n'a pas souhaité faire de commentaire. Néanmoins, du côté du ministère de l'Économie, personne ne semble juger incompatible l'obtention de ce prêt avec la fermeture d'usines en France, notamment si les autres sites ont un avenir qui peut être assuré, justement grâce aux économies liées aux fermetures d'autres établissements.

Inaugurée en 1952, l'usine de Flins-sur-Seine a vu passer une vingtaine de modèles emblématiques de la marque, dont la Dauphine, la R4 et la R5. Le site a produit l'an dernier 160.000 véhicules dont des Renault Clio, un modèle désormais entièrement délocalisé en Turquie.

En difficulté avant même la crise du coronavirus qui a provoqué un effondrement du marché automobile, Renault avait enregistré l'an dernier ses premières pertes en dix ans.

L'État français, premier actionnaire de Renault avec 15 % du capital, prévoit de garantir un prêt bancaire d'environ 5 milliards d'euros (7,6 milliards de dollars canadiens) pour le constructeur. Le constructeur a vu début avril sa notation financière abaissée au rang d'investissement spéculatif par Standard & Poor's. Ce prêt garanti par l'Etat, et approuvé par l'Union européenne, était tout proche d'être signé le 19 mai au soir, selon une source de l'AFP. "Mais cette aide n'impliquerait pas de renoncer à des suppressions d'emplois".

Mais dès le mois de février, la direction avait évoqué la possibilité de fermer des sites en France et à l'étranger lors de la présentation des résultats annuels en lâchant: "Nous n'avons aucun tabou et nous n'excluons rien". Au total, ce sont plus de 3600 emplois qui seraient directement menacés. Elle compte actuellement 2600 salariés. "Rien n'est figé", a cependant souligné une source proche du dossier, sous couvert d'anonymat.

L'usine de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) emploie 263 personnes dans la réparation de moteurs et boîtes de vitesses utilisés comme pièces de réemploi.

La fonderie de Bretagne produit des pièces en fonte pour les moteurs, les châssis et les boîtes de vitesses.

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