Londres adoptera un système d'immigration (très) sélectif — Post-Brexit

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"Le gouvernement veut " encourager les personnes ayant les bons talents " et " réduire le nombre de personnes venant au Royaume-Uni avec de faibles compétences", affirme sans détour la ministre de l'Intérieur, Priti Patel.

Le nouveau système exige que chaque travailleur étranger accumule 70 points pour pouvoir être candidat. Londres compte en effet mettre en place un système d'immigration basé sur des "points".

Le système octroie un maximum de 20 points aux candidats à la migration gagnant au moins £25,600 (30 820 euros). Par ailleurs, ceux qui feront preuve de "compétences appropriées", ils auront 20 points, pareillement pour ceux qui parlent anglais à un "niveau requis".

Le système, beaucoup plus exigeant que l'actuel, suscite de fortes inquiétudes dans les secteurs qui ont massivement recours à de la main-d'œuvre peu qualifiée. Une responsable du principal syndicat du secteur public, Christina McAnea, a estimé que ces mesures "vont provoquer un désastre absolu dans le secteur de la santé". "Mais même avec ces travailleurs immigrés, il n'y a pas assez de monde pour répondre à la demande". La présidente du Syndicat national des agriculteurs, Minette Batters, a prédit de "graves conséquences pour le secteur agricole" où l'automatisation "n'est pas encore une option viable".

Il devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2021, à l'issue de la période de transition qui a débuté après la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne le 31 janvier dernier.

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a dénoncé des mesures "dévastatrices" pour l'économie écossaise.

"Ce système basé sur un niveau de salaire aura tellement d'exceptions (.) qu'il perdra son sens", a relevé Diane Abbott, chargée de l'Intérieur au sein du Parti travailliste, principale formation d'opposition.

Mais selon le petit parti europhile libéral démocrate, dix mois ne suffiront pas aux entreprises pour se préparer, risquant de provoquer "le chaos et la confusion". "Notre démographie (en berne) fait que nous devons continuer d'attirer du monde ici", a-t-elle tweeté, "et ça rend cela tellement plus difficile". Certains Britanniques ont voté en 2016 en faveur de la sortie de l'Union européenne dans l'espoir que le Brexit contribue à diminuer le nombre de ressortissants étrangers arrivant dans le pays.

Les quelque 3,2 millions de citoyens de l'UE qui avaient demandé à résider au Royaume-Uni avant l'issue du Brexit ne sont pas concernés. Le journal Le Figaro a indiqué que ce système privilégie les "brillants" cerveaux au détriment des "travailleurs peu qualifiés". Le gouvernement assure que les citoyens européens et non-européens seront traités "de manière égale ". Le contrôle de l'immigration avait été un des principaux sujets lors des campagnes précédant ces deux scrutins.

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