Automobile : Renault n'exclut pas de fermetures d'usines après des pertes en 2019

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Renault a en outre consommé 1,3 milliard d'euros de cash l'an dernier, un chiffre qui aurait approché les 2 milliards sans le super-dividende de son bras financier RCI Banque (500 millions d'euros, soit le triple de 2018).

Pour sa première année sans son patron emblématique Carlos Ghosn, Renault a également été victime d'une chute de la contribution financière de son allié japonais Nissan en difficulté, tombée à 242 millions d'euros, contre 1,51 milliard en 2018.

Par ailleurs, les résultats ont été affectés par l'abandon d'une créance fiscale en France, se traduisant par une charge de 753 millions d'euros. Renault est très loin de ses objectifs de ventes dans le pays ce qui a conduit à une dépréciation de 400 millions d'euros l'an dernier. Jeudi, de mauvaises nouvelles étaient encore arrivées du Japon où Nissan, détenu à 43% par Renault, a encore revu à la baisse ses perspectives après une chute de ses profits sur neuf mois.

Pour 2020, Renault table sur une baisse du marché automobile mondial. Un plan d'économies est en préparation, et des fermetures d'usines ne sont pas exclues.

"Nous n'avons aucun tabou et nous n'excluons rien", a déclaré la directrice générale par intérim, Clotilde Delbos, interrogée lors d'une conférence de presse sur la possibilité que des usines en France ou dans le monde puissent être fermées pour redresser l'entreprise.

A la suite de ces annonces, le titre Renault perd 3,2% à la Bourse de Paris, accusant l'un des plus forts replis du SBF 120. Elle a reconnu que Renault et son allié japonais Nissan disposaient de capacités de production excédentaires et promis des annonces en mai prochain.

"La visibilité pour 2020 reste limitée par la volatilité attendue des marchés, notamment en Europe en raison de la réglementation CAFE (Corporate Average Fuel Economy, NDLR) et par les possibles impacts du coronavirus", explique Clotilde Delbos. Les revenus du groupe ont été pénalisés par le recul des ventes en Argentine, en Turquie et en Algérie, tandis que les ventes aux partenaires - les pièces et les automobiles que Renault produit pour d'autres groupes - ont eu un impact négatif de 3,4 points. Même si Renault vend relativement peu de voitures en Chine, il exploite une usine en partenariat avec Dongfeng Motor Co. à Wuhan, la ville à l'épicentre de l'épidémie.

Cette contre performance ne sera pas sans effet sur l'actionnaire. Mais elle s'est dite "convaincue" que le constructeur français avait "tous les atouts" pour se rétablir.

Le constructeur, qui est parvenu toutefois à maintenir un free cash flow opérationnel positif à hauteur de 153 millions d'euros (454 millions de moins que l'année précédente), a également réduit des deux tiers, à 1,10 euro par action, son dividende pour l'exercice écoulé, et dit viser pour l'année en cours une baisse de sa marge à 3-4%, contre 4,8% en 2019.

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