La Fille au bracelet

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Non pour décevoir son attente mais pour renforcer l'opacité de son héroïne et sonder les mystères de l'adolescence.

Deux plans dune brillante maîtrise encadrent La Fille au bracelet: linterpellation de Lise, vue à distance sans autre son que le bruit océanique des vacanciers alentours; et puis Lise, une fois le jugement prononcé, accomplissant un geste si particulier quil ne permet pas de statuer sur son innocence ni sa culpabilité. Deux ans plus tard, la cheville ceinte dun bracelet électronique, la jeune femme sapprête à comparaître pour lassassinat de sa meilleure amie.

Face aux questions de l'accusation, Lise ne se comporte jamais comme on l'attendrait d'une personne accusée à tort. Un genre propice à de nombreux clichés avec sa litanie de plaidoiries interminables, de cabotinage des acteurs et de révélations de la "vérité " en forme de coup de poing. Dans le cadre oppressant de la salle d'audience du tribunal de Nantes aux murs rouge sang, le réalisateur filme avec une sécheresse toute documentaire, nous plaçant tantôt dans la peau des jurés qui découvriraient tout de l'affaire, tantôt dans celle des parents ébranlés dans leurs certitudes. Stéphane Demoustier a visé juste par son propos, mais aussi dans son choix dinterprètes: outre Zem et Mastroianni, qui défendant des partitions peu évidentes, limpénétrable Melissa Guers effectue ici des débuts remarqués.

"La Fille au bracelet ", Stéphane Demoustier a choisi de mettre en avant les thèmes de la famille ainsi que de la jeunesse.

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