Etats-Unis : Le Sénat vote pour brider Trump sur l’Iran, veto attendu

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Le Sénat à majorité républicaine a adopté la résolution à 55 voix contre 45, huit républicains se joignant aux démocrates. La résolution doit contraindre le président à demander "un débat et un vote au Congrès", seul habilité à déclarer la guerre selon la Constitution, avant toute offensive contre l'Iran.

La résolution n'en est pas moins une rare rebuffade à son endroit, plusieurs élus estimant que ses décisions ont contribué à l'escalade des tensions avec l'Iran en début d'année et fait craindre le pire.

Le texte demande au président de ne pas engager les forces armées dans des hostilités contre l'Iran "ou toute partie de son gouvernement ou de son armée", sans autorisation explicite pour une déclaration de guerre ou une autorisation spécifique pour l'usage de la force militaire contre l'Iran.

Le Sénat a voté à une large majorité (55 pour, 45 contre) cette résolution initiée par les démocrates et soutenue par huit élus républicains qui ont pourtant la majorité. Téhéran avait répliqué en tirant des missiles sur des bases utilisées par l'armée américaine en Irak et plus de 100 soldats américains avaient souffert de "commotions cérébrales légères".

Pour le sénateur républicain Marco Rubio, cette résolution "affaiblit la dissuasion et augmente le risque de guerre".

La mesure, qui devrait facilement être adoptée par la Chambre des représentants, a une portée symbolique, puisque le président Trump y opposera vraisemblablement son veto.

La version de Tim Kaine a été amendée pour recevoir le soutien de certains sénateurs républicains, qui s'étaient indignés que la Maison Blanche n'informe pas mieux le Congrès sur la spectaculaire opération menée pour éliminer Qassem Soleimani.

L'opération avait été décidée personnellement par le Président des États-Unis, sans aucune consultation avec le Congrès. George W. Bush l'avait obtenue après les attentats du 11 septembre 2001, puis avant l'intervention américaine en Irak. Ces deux autorisations constituent la base juridique controversée des opérations américaines en Irak et en Syrie contre le groupe Etat islamique (EI).

En 2019, le Congrès avait déjà approuvé une résolution exigeant l'arrêt du soutien américain à la coalition militaire saoudienne dans la guerre au Yémen, à l'exception des opérations visant les groupes djihadistes.

La question de savoir qui doit prendre la décision d'éventuelles opérations militaires contre l'Iran est devenue d'actualité après que, le 3 janvier 2020, le général Soleimani a été assassiné à proximité de l'aéroport international de Bagdad dans une frappe ordonnée par Donald Trump.

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