Nissan réclame à Carlos Ghosn 83 millions d'euros de dédommagement - L'Usine Auto

Share

Selon le groupe nippon, ces dommage-intérêts doivent compenser des dépenses que Nissan dit avoir subi à cause des " pratiques corrompues " de son ancien patron, dont l'usage de résidences à l'étranger sans payer de loyer, l'utilisation à des fins privées de jets aux frais de l'entreprise, ou encore des versements à sa sœur aînée pour des services de conseil fictifs. Ce montant englobe aussi les coûts de la vaste enquête interne de Nissan à l'encontre de Carlos Ghosn ainsi que les frais de procédure du groupe au Japon, aux Etats-Unis ou encore aux Pays-Bas.

Le constructeur a notamment accepté en décembre de payer une amende de 2,4 milliards de yens (près de 20 millions d'euros) auprès de l'Agence japonaise des services financiers (FSA) pour avoir dissimulé des paiements différés de Carlos Ghosn dans ses anciens rapports annuels.

"Les manoeuvres de Nissan continuent", a commenté mercredi l'entourage de Carlos Ghosn auprès de l'AFP, précisant que ses avocats réagiront sur le fond de cette plainte une fois que son contenu précis "aura été porté à leur connaissance".

Dans un communiqué publié sur son site internet, Nissan explique réclamer un dédommagement de 83 millions d'euros à Ghosn, précisant que ce montant pourrait encore être revu à la hausse. Nissan a annoncé, mercredi 12 février, avoir déposé une plainte civile contre l'ancien PDG de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi devant un tribunal de Yokohama, au Japon, pour fautes et activités frauduleuses. Soupçonné de malversations financières diverses, Carlos Ghosn s'est enfui au Liban fin décembre, alors qu'il avait été libéré sous caution en avril 2019 et préparait son procès au Japon, dont la première phase devait en théorie commencer en avril. Il a en outre entamé en juillet une procédure en justice contre Nissan et Mitsubishi, jugeant son éviction illégale.

L'ancien magnat de l'automobile souhaite que les deux sociétés diffusent des documents internes qui pourraient selon lui permettre de reconstituer le cheminement qui a mené à la perte de confiance de la part de Nissan et Mitsubishi, avant la prise de décision finale de le limoger.

Share