Le duel se déplace devant les juges européens — Google contre Bruxelles

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" Comme dans d'autres secteurs tels que les comparateurs de prix ou le recrutement en ligne, nous assistons actuellement à une tentative de la part de Google, d'étendre sa domination sur les marchés des services de recherche générale aux marchés distincts des services d'intermédiation en matière de location de vacances en favorisant son propre service dans les résultats de recherche générale".

Le tribunal de l'UE accueille pendant trois jours les plaidoiries de la première des trois batailles qui opposent le géant de l'internet à la Commission européenne, l'affaire dite "Google Shopping".

En juin 2017, Bruxelles a infligé une amende de 2,42 milliards d'euros à Google pour avoir abusé de sa position dominante dans la recherche en ligne afin de favoriser son comparateur de prix "Google Shopping" au détriment de ses rivaux, tels le français Kelkoo.

Deux mois et demi plus tard, l'américain déposait un recours à Luxembourg, jugeant cette décision "erronée sur le plan juridique, factuel et économique", selon un courriel de l'entreprise.

"Si Google avait dû faire face à la décision de la Commission en 2008, il n'aurait pas eu d'autres options que d'abandonner ses technologies innovantes", a déclaré l'avocat de la firme américaine, Thomas Graf, au premier jour des plaidoiries.

L'avocat de la Commission, Nicholas Khan, a souligné la puissance du mastodonte de Mountain View. Son "statut de colosse de l'ère numérique est incontesté et jusqu'à il y a peu de temps incontestable", a-t-il dit, l'accusant d'être à l'origine d'"un grave préjudice pour la concurrence". Ils accusent Google de favoriser son propre service concurrent sur les pages générales de résultats de recherche via l'affichage d'annonces dans une OneBox (réponse directe) visuellement riche.

La décision des juges européens -susceptible de pourvoi- pourrait intervenir seulement un an après les plaidoiries. Ce dernier représente deux plaignants dans le cas de Google Shopping ainsi que l'entreprise qui a porté plainte dans le cas des sites de locations de vacances du printemps dernier.

La lettre, adressée à la Commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager, est signée par 34 entreprises et six fédérations de dix pays européens.

Le feuilleton entre Google et la Commission européenne n'est pas près de finir: après le cas Google Shopping, les juges européens doivent trancher sur les litiges en cours liés au système d'exploitation pour smartphones Android et à la régie publicitaire de Google.

En outre, Google devrait reprocher à Bruxelles de ne pas avoir tenu compte de deux concurrents de poids, Amazon et eBay: or, argumente la firme californienne, la plupart des acheteurs en ligne se rendent sur ces deux sites web.

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