Au procès Balkany, plaidoyer pour sortir de prison un homme "à terre"

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Les avocats généraux ont aussi requis "l'exécution provisoire de cette peine complémentaire" d'inéligibilité, au nom de "la restauration de l'équilibre social".

Dans le dossier de blanchiment, le parquet général a requis, mardi, une peine de cinq ans de prison, dont un avec sursis contre Patrick Balkany, et de quatre ans de prison dont deux avec sursis pour Isabelle Balkany, assortis dans les deux cas de 10 ans d'inéligibilité. Un mois plus tard, il a été condamné à cinq ans de prison pour blanchiment aggravé avec un nouveau mandat de dépôt.

"J'aurais préféré que mon client pèse encore 100 kg, qu'il soit dans le box", a plaidé son avocat Romain Dieudonné.

Pour cela, et en dépit d'une fraude "malicieuse" dissimulée par un chapelet de sociétés offshore, le parquet général a pris des réquisitions moins sévères qu'en première instance, demandant quatre ans ferme contre le maire, sans incarcération immédiate, et deux ans ferme contre son épouse, ainsi que la confiscation du moulin de Giverny (Eure) dont ils ont l'usufruit. Il a appelé la cour à rendre une décision "adaptée" à l'état de santé d'un homme "déjà un genou à terre". Selon les experts, Patrick Balkany présente "un état général dégradé" jugé "pas compatible" avec la détention. Les Balkany attendent par ailleurs le 4 mars une décision de cette même cour dans le volet fraude fiscale de ce dossier.

Les Balkany sont soupçonnés d'avoir dissimulé au minimum 13 millions d'euros d'avoirs au fisc français entre 2007 et 2014, notamment deux somptueuses villas, la villa Pamplemousse sur l'île de Saint-Martin et Dar Guycy à Marrakech.

S'ils ont reconnu quelques "fautes" et la propriété de la villa antillaise, ils contestent vigoureusement le montant des avoirs en cause et se targuent de n'avoir jamais détourné "un centime d'argent public".

Au début de l'audience, la présidente Sophie Clément a lu le compte-rendu d'une expertise médicale effectuée à la demande de la cour le 5 février au parloir de la maison d'arrêt de la Santé où Patrick Balkany est incarcéré depuis sa condamnation pour fraude fiscale le 13 septembre.

Quatre ans de prison ferme ont été requis en appel contre Patrick Balkany, sans incarcération immédiate, dans le cadre de l'affaire de blanchiment, tandis que deux ans ferme ont été requis contre sa femme Isabelle.

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