Erdogan: "Le régime syrien paiera très cher"

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En réponse à la mort de plusieurs de ses soldats dans un bombardement syrien, la Turquie a bombardé à son tour les positions du régime de Damas dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie. Le même jour, une délégation russe venue à Ankara pour discuter de l'offensive syrienne dans la région d'Idleb est repartie sans accord apparent pour mettre fin aux combats, qui ont fait 13 morts en une semaine côté turc.

Sur le terrain, les forces syriennes se sont emparées de l'autoroute M5, qui relie Alep à Damas, après avoir capturé le dernier bastion rebelle situé sur la route, dans la banlieue ouest d'Alep. Cinq soldats turcs ont également été tués lundi dans l'attaque d'un poste d'observation.

La progression rapide des forces syriennes, épaulées par l'aviation russe et les milices pro-iraniennes, a provoqué l'exode de près de 700 000 personnes au cours des dix dernières semaines, selon les agences humanitaires.

"C'est d'après nos premières analyses le plus grand nombre de déplacés en une seule période depuis le début du conflit syrien il y a neuf ans", a déclaré Jens Laerke, porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies.

Devant la poursuite de l'offensive syrienne, le président Recep Tayyip Erdogan, qui avait envoyé des renforts turcs dans la région après l'attaque, a sommé la Syrie de s'éloigner des postes d'observation militaire turcs et demandé à Moscou de faire davantage pour contrôler son allié syrien.

Selon Fabrice Balanche, spécialiste du conflit syrien, il existe "un deal entre la Russie et la Turquie pour la reprise par morceaux d'Idleb en échange de la cession à la Turquie de zones kurdes", dans le nord-est du pays. Les forces du régime ont repris mardi aux insurgés la dernière partie de cette autoroute M5, dans le sud de la province d'Alep, selon l'OSDH. Depuis le début de l'opération début décembre, plus de 350 civils ont été tués, d'après l'OSDH.

Un peu plus de la moitié de la province d'Idleb et des secteurs attenants des régions d'Alep, Hama et Lattaquié, sont toujours dominés par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda).

Les déplacés sont ainsi contraints de camper où ils peuvent dans des conditions très difficiles, accentuées par le froid.

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