Isabelle Kocher poussée vers la sortie — Engie

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La guerre de tranchée au sommet du groupe Engie entre la directrice générale Isabelle Kocher, 53 ans, et le président du conseil d'administration, Jean-Pierre Clamadieu, 60 ans, ne pouvait plus durer.

Le mandat d'Isabelle Kocher arrive normalement à échéance en mai et le conseil d'administration devait initialement se prononcer à la fin du mois de février.

Le départ d'Isabelle Kocher est probable dans la mesure où elle fait face à l'hostilité d'une majorité d'administrateurs, a précisé l'une de ces sources proches du dossier.

Derrière son cas personnel se pose encore l'avenir de l'entreprise, au moment où l'Etat s'est donné la possibilité de baisser sa participation au capital, dans le cadre de la loi Pacte. Le député européen du parti présidentiel LREM Pascal Canfin a également pris la défense mercredi d'Isabelle Kocher, après une tribune louant sa "formidable réussite", d'une cinquantaine de personnalités de tous bords politiques, dont Yannick Jadot, ou du milieu des affaires, publiée lundi sur le site internet du quotidien économique Les Echos.

La suite semble déjà écrite avec la mise en place d'une direction intérimaire.

Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno le Maire a déclaré mardi que l'Etat prendrait sa décision sur l'avenir d'Isabelle Kocher "uniquement" au regard de critères économiques. "Que Bruno Le Maire arrête de vouloir précipiter les décisions pour débarquer Isabelle Kocher, qu'il arrête de déstabiliser ce groupe, potentiellement pour le découper en tranches", a critiqué le chef de file des Verts sur franceinfo. Un sujet sensible alors que le gouvernement demande aux groupes d'avoir des comités exécutifs beaucoup plus paritaires.

Il y a quelque mois, son président Jean-Pierre Clamadieu a même fait évaluer l'action de la directrice générale par un cabinet extérieur. " On a une femme patronne au CAC40 qui engage un grand groupe énergétique vers la transition, l'efficacité, les énergies renouvelables".

Dans l'édition du 2 février du Journal du Dimanche, Isabelle Kocher a défendu vigoureusement son bilan. "Engie est un groupe magnifique qui avait un genou à terre quand j'ai pris mes fonctions". Dans une lettre adressée au conseil d'administration, fin janvier, elle proposait ainsi soumettre systématiquement à son président les nominations au sein du comité exécutif. Une réunion ordinaire est pourtant de longue date le 27 février.VirageDepuis quelques semaines, Isabelle Kocher est à l'offensive.

Le sort d'Isabelle Kocher, patronne d'Engie, sera fixé jeudi, à l'occasion d'un conseil d'administration qui pourrait décider de l'évincer.

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