Regardez le discours sur l'état de l'Union de Donald Trump — En direct

Share

"Quand un président essaie de forcer un allié à l'aider à tricher dans nos élections, puis cherche à étouffer l'affaire, nous devons dire ça suffit ", a lancé l'élu démocrate et procureur en chef Adam Schiff en conclusion de son réquisitoire.

Cet appel n'a toutefois aucune chance de porter ses fruits: la Constitution américaine impose une majorité des deux tiers du Sénat (67 sièges sur 100) pour destituer un président.

Le président Trump " a violé son serment", mais " il n'est pas trop tard pour que nous honorions le nôtre", a renchéri Adam Schiff, qui exerce le rôle de procureur en chef à ce procès historique.

"Je suis venu ici aujourd'hui pour vous demander de rejeter les chefs d'accusation" d'abus de pouvoir et entrave au travail du Congrès retenus contre le président, a déclaré l'avocat de la Maison Blanche Pat Cipollone. "Je vous demande de le faire d'une manière qui transcende les partis", a-t-il ajouté, dans un appel voilé aux sénateurs démocrates centristes comme Joe Manchin ou Doug Jones qui pourraient être tentés de faire défection.

Néanmoins l'issue du procès au Sénat est connue à l'avance.

Dans le camp opposé, Edward Markey, sénateur démocrate du Massachusetts, a prévenu que si les républicains l'acquittent, "une majorité dans cette assemblée aura fait du président Trump un dictateur". Suggérant à ses pairs d'opter pour une sanction moins radicale, il a introduit une motion de "censure" contre le président.

A la veille du vote au Sénat, et à quelques heures du discours annuel de Donald Trump sur l'état de l'Union, les ténors républicains du Sénat ont exhorté mardi la chambre haute du Congrès à acquitter le président républicain pour faire tomber la "fièvre clanique".

Il devrait à cette occasion, selon la Maison-Blanche, revenir sur le boom des cols bleus, vanter les récents accords commerciaux avec la Chine, le Canada et le Mexique et défendre son bilan en matière migratoire.

" J'espère que les républicains et les Américains réalisent que cette mascarade totalement partisane est exactement cela: une mascarade ", a tweeté lundi l'impétueux président, en avant-goût de son discours.

Avant même le début du traditionnel discours sur l'état de l'Union, la division qui règne dans la classe politique comme dans le pays était palpable: le président des Etats-Unis a ostensiblement évité de serrer la main que lui tendait la cheffe démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi. Les électeurs sont d'après lui "fatigués" de ces investigations qui représentent un gâchis de temps, de ressources et d'énergie. "Pour les démocrates, celle-ci a prouvé que le président avait abusé des pouvoirs de l'Etat pour " salir " son rival et " tricher ". Mais pour ses avocats, Donald Trump s'inquiétait de la corruption en Ukraine et pouvait légitimement "poser des questions" sur Joe Biden et les affaires de son fils Hunter dans ce pays.

Ce signalement a déclenché l'ouverture d'une enquête en destitution à la Chambre des représentants, contrôlée depuis janvier 2019 par les démocrates. "Vous ne pouvez pas faire confiance à ce président pour qu'il fasse ce qui est bon (.) vous ne le changerez pas et vous le savez", leur a-t-il dit, en estimant à "100%" la probabilité que le président essaie de "tricher" à nouveau pour remporter l'élection présidentielle du 3 novembre. Certains ont bien reconnu ces derniers jours que le président avait sans doute commis ce qui lui est reproché, mais pour eux, cela ne justifie pas de le destituer à neuf mois du scrutin.

Les sénateurs voteront mercredi sur les articles de mise en accusation à l'encontre de M. Trump, selon une résolution adoptée la semaine dernière.

Les sénateurs républicains ont déjà donné raison à Donald Trump vendredi en refusant -avec deux défections seulement- de convoquer des témoins à ce procès. ", s'est interrogé lundi Hakeem Jeffries, un autre des procureurs démocrates".

Share