Antiépileptique Dépakine : le groupe français Sanofi inculpé pour tromperie et blessures

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Le valproate de sodium, commercialisé par Sanofi sous les marques Dépakine, Dépakote et Dépamide, ainsi que sous des marques génériques, est prescrit à des patients épileptiques et souffrant de troubles bipolaires.

L'enquête sur la commercialisation de la Dépakine est ouverte depuis plus de trois ans, elle couvrait la période allant de 1990 à avril 2015.

"Cette mesure lui permet de faire valoir tous ses moyens de défense et sera l'occasion de démontrer qu'il a respecté son obligation et fait preuve de transparence", a déclaré le laboratoire dans un communiqué diffusé lundi soir.

De l'autre côté, Me Charles Joseph-Oudin, l'avocat de l'Association d'aide aux parents d'enfants souffrant du syndrome de l'anti-convulsivant (Apesac), s'est réjoui du retournement du dossier contre Sanofi. Le valproate de sodium (Dépakine et ses dérivés) est responsable depuis 1967 de malformations chez 2 150 à 4 100 enfants, et de troubles neurodéveloppementaux chez 16 600 à 30 400 enfants, selon des estimations de l'assurance maladie et de l'Agence nationale de sécurité du médicament. "Sanofi s'arc-boute sur une position de déni de responsabilité qui est de plus en plus difficilement tenable", a-t-il ajouté. Par ailleurs, le groupe a assuré vouloir continuer de coopérer avec les autorités judiciaires durant toute la procédure.

Selon lui une quarantaine de personnes ont déposé plainte au pénal dans ce dossier d'une gravité extrême et qui concerne en réalité des milliers de victimes.

L'ouverture de l'instruction faisait suite à une enquête préliminaire menée sous l'autorité du parquet depuis septembre 2015, après les premières plaintes de victimes. Selon l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) dans son rapport de février 2015, Sanofi n'a réagi que "faiblement" aux problèmes.

Lorsqu'une femme enceinte prend ce médicament, son enfant présente un risque élevé - de l'ordre de 10% - de malformations congénitales, ainsi qu'un risque accru d'autisme et de retards intellectuels et/ou de la marche, pouvant atteindre jusqu'à 40% des enfants exposés.

À la fin d'août 2016, le ministère de la Santé a reconnu que plus de 14 000 femmes enceintes avaient été exposées entre 2007 et 2014, lors de la présentation d'une étude conduite par l'ANSM.

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