Affrontement meurtrier entre soldats turcs et syriens — Syrie

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Alors que la Turquie est intervenue militairement en Syrie à trois reprises à ce jour dans des opérations transfrontalières contre l'État islamique et les forces dirigées par les Kurdes soutenues par les États-Unis, qu'elle considère comme une menace terroriste, l'affrontement de lundi a été une rare confrontation directe contre les troupes d'Assad et les milices alliées.

La riposte aurait fait 13 morts et 20 blessés selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, entre 30 et 35 selon le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Les combats de ce lundi ont commencé dans la nuit avec des tirs du régime sur des positions turques, selon l'OSDH. Le ministère turc de la Défense avait, dans un premier temps, fait état de quatre soldats tués et neuf blessés. "N'essayez pas de nous entraver", a déclaré hier Recep Tayyip Erdogan. L'agence officielle syrienne Sana a démenti elle tout décès dans les rangs de l'armée.

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Ils ont été déclenchés par des tirs du régime sur des positions turques, a précisé l'OSDH, ajoutant que les soldats turcs ont riposté en tirant à l'artillerie sur des positions syriennes dans les provinces d'Idleb et dans celles voisines de Hama et Lattaquié.

La Turquie a déployé des militaires dans plusieurs postes d'observation dans la région d'Idleb dans le cadre d'un accord conclu avec la Russie visant à faire cesser les violences.

Le porte-parole du parti de Recep Tayyip Erdogan, l'AKP, a estimé que le régime syrien avait attaqué les soldats turcs car il se sentait "protégé par le parapluie russe".

Les tensions montent d'un cran dans la région d'Idleb en Syrie, dernier bastion dominé par des djihadistes et des rebelles.

Elles ont repris mercredi la ville-clé de Maaret al-Noomane dans le sud de la province d'Idleb et se dirigent vers Saraqeb, située sur une autoroute clé. Il avait aussi dit regretter que la Russie "ne respecte pas" les accords conclus entre les deux pays pour éviter une escalade.

Grâce à son aviation et aux bombardements quasi-quotidiens, le régime Assad a gagné du terrain dans ces zones dominées par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham, ex-branche d'Al-Qaïda. La région abrite aussi d'autres groupuscules djihadistes et des rebelles anti-régime affaiblis.

Ankara, qui appuie des groupes rebelles syriens, a haussé le ton ces derniers jours, allant jusqu'à critiquer la Russie, qui soutient quant à elle le régime syrien.

Signe toutefois que le dialogue n'est pas rompu entre Ankara et Moscou: les ministres des Affaires étrangères des deux pays se sont entretenus au téléphone lundi en fin de journée. "Des avions de chasse ont visé une voiture qui transportait des déplacés", précise le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Sept membres d'une même famille font partie des victimes, selon lui. Sa présence en Syrie est illégale dans tous les cas.

Voilà maintenant 9 ans que la Syrie est plongée dans un terrible conflit qui a engendré des morts et entraîné le déplacement de nombreux syriens.

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