SNCF : des primes pour des cheminots non grévistes font polémique

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"Dans la bataille contre la réforme des retraites, le patronat met les moyens des entreprises au service de la politique du gouvernement".

La direction de la SNCF a fait le choix de "récompenser" les cheminots non-grévistes avec des primes exceptionnelles pouvant dépasser les 1000 euros.

Par la suite, la SNCF a indiqué qu'elle confirmait et assumait pleinement de verser des primes à ses employés non-grévistes.

Preuve par la photo, Bérenger Cernon montre l'extrait d'une fiche de paye d'un camarade.

Ce salarié - "un cadre" - a décidé de verser sa prime à une caisse de grève pour "soutenir financièrement" les grévistes, faute d'avoir pu lui-même faire grève, a déclaré Bérenger Cernon.

"Il y a lieu de se demander si le fait d'octroyer des primes aux seuls salariés non-grévistes est, oui ou non, une pratique discriminatoire", développe-t-il. "D'habitude, les choses étaient faites de manière plus sournoise", avec des "invitations au restaurant ou en boîte de nuit, journées libres, ou primes n'ayant rien à voir avec l'assiduité en période de grève", a indiqué Laurent Brun.

Dans un communiqué, la direction de la SNCF "confirme et assume l'attribution par des managers locaux de primes exceptionnelles à certains agents qui se sont mobilisés de façon exceptionnelle et sur une période particulièrement longue pour assurer la continuité du service public" pendant la grève débutée le 5 décembre contre la réforme des retraites.

Par ailleurs, le groupe ajoute que: "L'engagement et le surcroît d'activité de ces agents non-grévistes ont permis aux trains de circuler y compris les week-ends et pendant les fêtes, aux postes d'aiguillage d'être tenus, et aux voyageurs d'être correctement informés pendant toute la période. La tentative de polémique et de politisation de ces mesures managériales classiques récompensant du travail supplémentaire et de l'engagement pour le service, est tout à fait déplacée".

La juridiction s'appuie sur l'article L 2511-1 du travail selon lequel "lors d'un mouvement de grève, l'employeur ne doit sanctionner ni les grévistes ni favoriser ceux qui n'ont pas participé au conflit". Et la Cour de conclure: "Attribuer une prime aux salariés qui, en plus de leur travail, ont accepté de remplacer leurs collègues le temps de la grève est donc une pratique illicite".

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