Le bilan s’alourdit en Chine — Coronavirus

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Les autorités chinoises ont fait état vendredi de 43 nouveaux décès en vingt-quatre heures, le bilan s'élevant désormais à 213 morts. Le nombre de patients contaminés approche 10.000 en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao), dépassant celui atteint lors de l'épidémie de Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002-2003.

Alors que les Français rapatriés de la zone au cœur de l'épidémie passaient leur première nuit en quarantaine dans un centre de vacances, le Royaume-Uni, la Russie et la Suède ont fait état de leurs premiers cas de contamination, le virus touchant désormais plus d'une vingtaine de pays.

L'OMS, critiquée précédemment pour ses atermoiements, a déclaré jeudi que l'épidémie était "une urgence de santé publique de portée internationale".

L'organisation s'était refusée la semaine dernière à déclarer cette urgence, et n'avait admis que lundi que la menace était "élevée" à l'international, attribuant son appréciation précédente d'un risque "modéré" à une erreur de formulation.

"Il n'est pas nécessaire de paniquer inutilement, ni de prendre des mesures excessives", a estimé l'ambassadeur chinois à l'ONU à Genève, Xu Chen, soulignant que "l'Organisation mondiale de la santé (OMS) faisait pleinement confiance à la Chine".

"Notre plus grande préoccupation est la possibilité que le virus se propage dans des pays dont les systèmes de santé sont plus faibles", s'est alarmé jeudi le directeur de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus.

De nombreux pays ne sont pas prêts à faire face à l'épidémie, avait auparavant mis en garde le Conseil de supervision de la préparation globale (GPMB), un organe de contrôle international basé à Genève.

Si l'immense majorité des cas restent localisés en Chine, au premier chef dans la province du Hubei et la ville de Wuhan où est apparu le virus, dix-huit autres pays, selon l'OMS, ont déclaré des cas, le plus souvent sur des personnes arrivant de Chine.

Mais des cas de contamination ont aussi été annoncés sur tous les continents par les autorités sanitaires locales.

"La population devrait beaucoup faire attention, car il y a un grand nombre de commerçants, surtout des femmes qui voyagent en chine et qui peuvent importer le coronavirus". C'est le cas par exemple de l'Italie qui enverra un avion sur place.

Dans un contexte de forte inquiétude à l'étranger, un avion transportant quelque 200 Français de Wuhan a atterri vendredi près de Marseille (sud de la France). Berlin envisage également d'évacuer quelque 90 Allemands "dans les prochains jours". Comme elle, des milliers d'autres étrangers sont piégés à Wuhan ignorant s'ils vont quitter la ville ou non. "Je pourrais mourir de faim, être infectée et mourir", se désolait jeudi Aphinya Thasripech, une Thaïlandaise trentenaire enceinte. Deux d'entre elles ne présentaient aucun symptôme, ce qui illustre la difficulté de détecter le nouveau coronavirus.

Des décisions du même type ont été annoncées par plusieurs pays, notamment l'Italie, Singapour ou la Mongolie.

Les autorités chinoises ont décrété la prolongation des congés du Nouvel An lunaire jusqu'au 2 février dans tout le pays.

Le gouvernement britannique a annoncé samedi que les ambassades et consulats en Chine avaient évacué une partie de leur personnel au 31 janvier à cause de l'épidémie.

L'impact de l'épidémie sur l'économie mondiale dépendra notamment de sa durée, a par ailleurs averti le Fonds monétaire international, alors que beaucoup d'entreprises et usines chinoises resteront fermées jusqu'au 9 février au moins.

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