D'ex-patineuses françaises affirment avoir été abusées par leurs entraîneurs

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"J'attends la seconde, celle qui mettra en lumière la responsabilité de tous ceux qui ont couvert, dans le club et à la fédération ".

La nantaise Sarah Abitbol, 44 ans, qui vit depuis plusieurs années en Floride, championne d'Europe, dix fois championne de France de patinage artistique en couple (entre autres nombreuses médailles), publie une auto-biographie sous le titre " Un si long silence " (Editions Plon).

"J'ai été violée à 15 ans": une nouvelle vague d'accusations contre des entraîneurs, menée par l'ancienne patineuse Sarah Abitbol et publiée mercredi dans L'Équipe et L'Obs, brise un peu plus le silence sur les violences sexuelles dans le sport de haut niveau.

"Je reconnais avoir eu des relations intimes avec elle". Vendredi, l'entraîneur a reconnu dans une déclaration à l'AFP "avoir eu des relations intimes avec elle". "Si mes souvenirs sur leurs circonstances exactes diffèrent des siens, j'ai conscience de ce que, compte tenu de mes fonctions et de son âge à l'époque, ces relations étaient en tout état de cause inappropriées", déclare notamment Gilles Beyer.

Gilles Beyer, 62 ans, a pris la parole vendredi pour faire " ses excuses ", trente ans plus tard. "Il s'agit donc d'une faute, dont je ne mesurais pas le mal qu'elle a pu lui causer (.) Je suis sincèrement désolé et je présente à Sarah Abitbol mes excuses", écrit Gilles Beyer.

Hélène Godard accuse ainsi, dans les colonnes de L'Équipe et de l'hebdomadaire L'Obs, Gilles Beyer d'avoir eu des rapports sexuels avec elle, alors qu'elle avait 13 et 14 ans. "Ce ne sont pas des 'relations inappropriées', mais des viols!, a-t-elle réagi". (...) je ne l'excuse de rien!

"Gilles Beyer a fait l'objet d'une enquête du parquet de Créteil, qui n'a pas abouti, au début des années 2000, puis d'une enquête au sein du ministère des Sports".

Malgré cette mise à l'écart, Gilles Beyer a poursuivi sa carrière au club parisien des Français volants, présidé par son frère Alain, jusqu'à son éviction, vendredi, et a effectué plusieurs mandats au bureau exécutif de la FFSG jusqu'en 2018. "Comment dire ensuite à mes parents: "Papa, maman, vous qui avez tout sacrifié pour que je puisse devenir championne, il va falloir tout abandonner parce que mon entraîneur, que vous estimez tant, vient me faire des choses dégoûtantes", confie-t-elle. La secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes Marlène Schiappa, a salué la démarche des sportives qui ont témoigné et leur a adressé son "soutien sans réserve". Ce dernier devra s'expliquer lundi auprès de la ministre des Sports, Roxana Maracineanu.

Le président de la FFSG, Didier Gailhaguet, en place depuis 1998 à l'exception de la période 2004-2007, n'a pas répondu à L'Équipe ni à L'Obs.

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