Affaire des financements lybiens : Alexandre Djourhi arrêté à Paris

Share

Au lendemain de son arrivée de Londres à l'issue de deux ans de bataille judiciaire, l'homme d'affaires franco-algérien Alexandre Djouhri a été écroué vendredi après sa mise en examen par les juges anticorruption chargés de l'enquête sur des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Un juge des libertés et de la détention doit désormais statuer sur son éventuel placement en détention provisoire, requis par le parquet national financier, a ajouté la source judiciaire.

Alexandre Djouhri était recherché par les enquêteurs français pour "pour corruption active et blanchiment d'argent" Mais pas seulement, selon des documents judiciaires, l'homme serait sous le coup d'inculpation pour huit autres chefs d'accusation dont ceux de "complicité de détournement de fonds publics (...), recel de détournement de fonds publics (...), et blanchiment de détournement de fonds publics par une personne chargée d'une mission de service public ".

Arrêté par la police aux frontières de l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle jeudi 30 janvier, après une décision d'extradition ordonnée par la justice britannique, Alexandre Djouhri devrait être présenté dans quelques heures aux magistrats anti-corruption.

Alexandre Djouhri, impliqué dans le dossier du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, a été remis aux autorités françaises par leurs homologues britanniques.

Le nom de ce proche de Claude Guéant, ex-ministre de Nicolas Sarkozy, est notamment apparu dans l'enquête pour la vente en 2009 d'une villa située à Mougins, sur la Côte d'Azur, à un fonds libyen géré par Bachir Saleh, ancien dignitaire du régime de Khadafi. Il est soupçonné d'en avoir été le véritable propriétaire et de l'avoir cédée à un prix surévalué, permettant de dissimuler d'éventuels versements occultes, ce qu'il dément.

L'homme d'affaires âgé de 60 ans, introuvable, faisait l'objet de plusieurs mandats d'arrêt européens à son encontre, émis par la France.

Arrêté à Londres en 2018, il était assigné à résidence dans la capitale anglaise après avoir payé une importante caution. Il est notamment soupçonné de "détournement de fonds publics" et de "corruption".

Après une longue procédure, une cour britannique a confirmé le 22 janvier la décision, rendue en février 2019 par le tribunal de Westminster, de le remettre à la France. Claude Guéant a toujours soutenu que cette somme était le fruit de la vente de deux tableaux de peinture flamande.

Share