Le bilan monte à 170 morts

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"Notre plus grande préoccupation est la possibilité que le virus se propage dans des pays dont les systèmes de santé sont plus faibles", s'est alarmé jeudi le directeur de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Le bilan de l'épidémie de pneumonie virale s'est alourdi pour atteindre les 170 morts ce 30 janvier en Chine après un bond sans précédent du nombre quotidien de décès, l'annonce de la contamination de trois Japonais évacués de Wuhan entretenant par ailleurs les craintes d'une propagation mondiale.

Certaines compagnies aériennes, parmi lesquelles British Airways, Lufthansa, American Airlines et Air Canada, ont décidé de suspendre en intégralité ou en partie leurs liaisons avec la Chine continentale en raison de l'épidémie.

L'OMS a cependant averti jeudi que les restrictions à la circulation des personnes et des biens pendant une urgence de santé publique pourraient s'avérer "inefficaces", perturber la distribution de l'aide et plomber l'économie des pays touchés.

Wuhan, métropole du centre de la Chine où est apparu en décembre le nouveau coronavirus, est coupée du monde depuis une semaine par un drastique cordon sanitaire, tout comme sa région, la province du Hubei.

D'autres pays planifient des opérations, et les mesures de précaution internationales se durcissent, avec notamment la Russie qui a annoncé qu'elle fermerait vendredi ses 4.250 km de frontière avec la Chine.

La photo a été prise jeudi matin, devant un magasin de meubles, à quelques dizaines de mètres seulement de l'Hôpital numéro 6 de Wuhan, l'un des principaux centres médicaux réservés au traitement des personnes touchées par le virus.

De nombreux pays ne sont pas prêts à faire face à l'épidémie, avait auparavant averti le Conseil de supervision de la préparation globale (GPMB), organe de contrôle international basé à Genève.

Signal inquiétant, des transmissions interhumaines ont été enregistrées hors de Chine, en Allemagne, au Japon, au Vietnam, aux Etats-Unis et en France.

Aux Etats-Unis, le mari d'une sexagénaire ayant contracté le virus en Chine a été contaminé à son tour, portant le nombre de cas à six au total.

Les congés du Nouvel An lunaire ont tourné au cauchemar.

Les personnes originaires de Wuhan se heurtent partout à la suspicion, tandis qu'à l'étranger, les communautés chinoises font part d'une recrudescence d'attitudes discriminatoires à leur encontre. Le pic de l'épidémie devant être atteint entre avril et mai, l'impact économique risque d'être colossal. À Shanghai, les autorités viennent de repousser la rentrée au 9 février.

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