Corruption: Airbus met 3,6 milliards d'euros de côté

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" Sous réserve d'approbation judiciaire", ces accords conduiront Airbus à inscrire une provision de 3,6 milliards d'euros dans ses comptes de l'exercice 2019 pour le paiement d'amendes potentielles aux autorités françaises, britanniques et américaines. Le parquet national financier français et ses homologues britanniques et américains doivent encore la valider après-demain, avec l'accord de principe.

Airbus a annoncé hier avoir conclu un "accord de principe" avec les autorités judiciaires britannique, française et américaine et entend provisionner 3,6 milliards d'euros pour payer les amendes et éviter ainsi des poursuites pour des faits présumés de corruption.

A Londres, l'audience d'homologation de l'accord de "suspension des poursuites" ("Deferred Prosecution Agreement") se tiendra à 15H00 (locales et GMT). Pour décrocher des contrats, Airbus aurait en effet versé des centaines de millions d'euros, en partie illégalement, à des intermédiaires. Cette affaire, qui menace le géant aux 134 000 salariés et gros contributeur net au commerce extérieur de la France et de l'Allemagne, avait précipité le changement de l'équipe dirigeante de l'avionneur européen.

Cette accord avec la justice permet au groupe de laisser cette affaire derrière lui, tandis que son concurrent Boeing reste empêtré dans la crise du 737 MAX qui lui a coûté 18,4 milliards de dollars à ce stade.

Cette stratégie a été éprouvée par le motoriste britannique Rolls-Royce, qui a été condamné début 2017 à verser une amende de 763 millions d'euros aux autorités judiciaires britanniques, américaines et brésiliennes afin de solder une affaire de corruption à l'étranger après avoir lui-même dénoncé les faits au SFO fin 2012. Les justices anglaises et américaines suivront. À l'audience, le PNF a souligné la collaboration d'Airbus dans ce dossier, né de l'auto-dénonciation d'irrégularités en 2016 par le patron de l'avionneur à l'époque, Tom Enders, auprès du SFO.

L'administration américaine reprochait par ailleurs à Airbus des "déclarations inexactes" aux autorités du pays relatives à l'exportation d'armements contenant des composants américains, selon l'avionneur.

Pour faciliter les négociations, le groupe avait décidé fin 2017 de remanier sa direction.

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