213 morts en Chine, les rapatriés français arrivent ce vendredi — Coronavirus

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Le bilan des morts liées au nouveau coronavirus est monté à 169 en Chine, où la région de Hubei a enregistré 37 nouvelles victimes, ont déclaré jeudi les autorités. Le bilan précédent des infections en Chine s'élevait à 6000 cas.

Cet avertissement intervient alors que l'OMS est réunie jeudi en urgence, pour la deuxième fois en une semaine, pour décider si l'épidémie constitue une "urgence de santé publique de portée internationale".

Les autorités chinoises ont fait état vendredi de 43 nouveaux décès en vingt-quatre heures, soit la plus forte progression quotidienne depuis le début de l'épidémie.

De fait, les infrastructures hospitalières locales restent saturées, dépassées par l'explosion du nombre de cas de contamination, qui approchent désormais les 10 000, pour l'essentiel à Wuhan et dans sa région.

Les mesures de précaution internationales se durcissent: l'Italie a annoncé la suspension de tous les vols " de et vers " la Chine.

La Chine se retrouve isolée: la Russie a décidé de fermer ses 4 600 km de frontière terrestre. Au total, quelque 56 millions d'habitants se trouvent empêchés de quitter la région, et les résidents de Wuhan et du Hubei se trouvant à l'extérieur ne peuvent plus y retourner. Plusieurs pays dont la France se préparent à rapatrier leurs ressortissants de Wuhan. Un avion devrait atterrir à Istres en France, dans la journée de vendredi.

Un avion espagnol affrété en coopération avec Londres doit également rapatrier vendredi environ 200 personnes, dont 150 Britanniques, une vingtaine d'Espagnols et d'autres Européens.

D'autres pays planifient des opérations similaires: l'Italie a annoncé l'envoi d'un avion jeudi à Wuhan, Berlin prévoit l'évacuation de quelque 90 Allemands "dans les prochains jours" et le Canada va également affréter un avion. En Chine, 60 millions de personnes sont cloitrées chez elles dans des villes verrouillées.

"J'ai l'impression qu'ils ne se soucient pas de nous. Je pourrais mourir de faim, je pourrais aussi être infectée et mourir", se désole Aphinya Thasripech, une Thaïlandaise trentenaire enceinte, alors que Bangkok n'a dévoilé aucun plan de rapatriement. Aucun ne présente les symptômes du virus, mais tous y resteront en quarantaine pendant 72 heures.

Les rapatriés belges devront rester en quarantaine durant 14 jours à l'hôpital. Tokyo n'a pas imposé de quarantaine à ses rapatriés.

"Notre plus grande préoccupation est la possibilité que le virus se propage dans des pays dont les systèmes de santé sont plus faibles", s'est alarmé jeudi le directeur de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus.

De nombreux pays ne sont pas prêts à faire face à l'épidémie, avait auparavant mis en garde le Conseil de supervision de la préparation globale (GPMB), un organe de contrôle international basé à Genève.

Mais des cas de contamination ont aussi été annoncés sur tous les continents par les autorités sanitaires locales. Une quinzaine de compagnies aériennes ont suspendu leurs vols vers la Chine en raison de la propagation de l'épidémie, parmi lesquelles British Airways, Air France, Lufthansa, ou encore l'indonésienne Lion Air, qui exploite la plus grande flotte aérienne d'Asie du Sud-Est. En Allemagne, un homme de 33 ans a été contaminé par une collègue venue de Chine. Deux cas ont été confirmés en Italie jeudi soir, il s'agit du quatrième pays européen touché par le nouveau coronavirus.

Dans toute la Chine, où les congés du Nouvel an lunaire sont prolongés jusqu'au 2 février, les habitants, effrayés, désertent centres commerciaux, cinémas et restaurants.

Les personnes originaires de Wuhan se heurtent partout à la suspicion, tandis qu'à l'étranger, les communautés chinoises font part d'une recrudescence d'attitudes discriminatoires à leur encontre.

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