L'affaire Dos Santos dévoile les pratiques des cabinets d'audit, "facilitateurs" d'abus financiers

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Dans un courrier adressé aux présidents de l'Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle, l'ancien président de l'Angola revient sur cette troublante affaire de détournement de fonds publics dont sa fille est accusée.

Isabel Dos Santos, la fille de l'ex-président angolais José Edouardo dos Santos, est accusée de corruption et d'avoir détourné plus d'un milliard de dollars au détriment de son pays.

Plus de 750.000 documents, 350Go de données piratées des ordinateurs des avocats de deux dignitaires angolais révéleraient les montages financiers opaques mis en place par la fille de l'ex-président angolais José Eduardo dos Santos afin de s'accaparer l'argent de sociétés publiques du pays, en complicité avec son mari congolais. La plupart ont été obtenus par la Plateforme pour la protection des dénonciateurs d'abus en Afrique et partagés avec le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ).Ils ont fait l'objet d'enquêtes par 37 organisations de médias, dont le Guardian et le journal Expresso du Portugal. La justice angolaise la soupçonne d'avoir détourné, avec son époux Sindika Dokolo, plus d'un milliard de dollars des comptes des entreprises publiques Sonangol (pétrole), à la tête de laquelle elle avait été nommée en 2016, et Endiama (diamant). Elle dénonce un complot destiné à nuire à son père, qui a dirigé l'Angola entre 1979 et 2017, et à sa propre personne.

L'investigation s'appuie sur des lettres censurées qui montrent comment de grands noms chez les consultants ont cherché à lui ouvrir des comptes bancaires non transparents.

Début janvier, la justice portugaise a elle aussi annoncé l'ouverture d'une enquête sur la femme d'affaires, qui détient des intérêts dans de nombreuses entreprises du pays, pour blanchiment d'argent public.

La milliardaire Isabel dos Santos qui a longtemps cru se cacher derrière son nom patronymique pour dissimuler l'immensité de sa fortune, est malheureusement depuis quelque temps l'objet de toutes les attentions de la justice de son pays. Selon Le Monde, ça pourrait être des fuites " probablement issues d'un piratage informatique ". "Ma 'fortune' est née de mon caractère, mon intelligence, éducation, capacité de travail, persévérance", se défend-elle dans le premier tweet.

Isabel Dos Santos estime aussi qu'il s'agit d' "informations qu'ont fait fuiter les services secrets angolais pour manipuler l'ICIJ, au profit d'un agenda politique des autorités angolaises ".

Son avocat dénonce quant à lui une "attaque parfaitement coordonnée" par le dirigeant actuel de l'Angola Joao Lourenço, à l'origine de la lutte anti-corruption dans son pays.

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