Poutine nomme son nouveau gouvernement

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Le président russe, Vladimir Poutine, a annoncé ce mardi la composition du nouveau gouvernement où Sergueï Lavrov et Sergueï Choïgou conservent leurs portefeuilles des Affaires étrangères et de la Défense.

Les amendements à la loi fondamentale prévoient entre autres un poids accru du Parlement dans la nomination du premier ministre, et musclent le rôle du Conseil d'État, un organe aujourd'hui consultatif.

En annonçant presque simultanément un train d'amendements constitutionnels et un changement de premier ministre, Vladimir Poutine s'aménage-t-il - comme le titrait Courrier International - un "pouvoir à vie"?

"Pour l'avenir, attendez-vous à des messages contradictoires: Poutine dirigera peut-être le Conseil d'Etat, ou peut-être sera-t-il Premier ministre, ou peut-être partira-t-il", notait sur Twitter lundi soir Sam Green, directeur de l'Institut Russie du King's College de Londres.

Vladimir Poutine avait annoncé le 15 janvier lors de son discours annuel au Parlement une série de révisions constitutionnelles, une annonce suivie de la démission du Premier ministre, Dmitri Medvedev, et de son gouvernement et de la nomination de Mikhaïl Michoustine, comme nouveau chef de gouvernement.

Cette réforme, dont le contenu doit encore être décidé, a relancé les conjectures sur la préparation de l'avenir politique de Vladimir Poutine après la fin de son dernier mandat en 2024.

Les membres du gouvernement, les juges ou les élus ne pourront plus posséder deux passeports ou avoir vécu pendant une longue période à l'étranger. Parmi les changements apportés par le texte, tout candidat à l'élection présidentielle devra désormais avoir vécu en Russie lors de ses 25 dernières années, sans avoir obtenu de titre de séjour à l'étranger.

Pour beaucoup d'analystes, Vladimir Poutine organise ainsi l'après 2024, en se laissant le maximum de portes ouvertes pour préserver son influence dans le pays qu'il pilote depuis 20 ans.

Certains l'imaginent donc en arbitre suprême, au-dessus de la mêlée politique avec un poste sur-mesure, d'autres imaginent un retrait progressif.

Mais pris de vitesse, les détracteurs du président russe ont jusqu'ici peiné à formuler leur réponse, même si une manifestation se prépare pour le 29 février. Moscou a déjà été pendant l'été 2019 le théâtre, malgré une vive répression policière, du plus grand mouvement de contestation russe depuis celui qui avait marqué le retour de Poutine en 2012 au Kremlin.

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