SpaceX a réussi un dernier test avant l’envoi d’astronautes dans l’espace

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Si le test se poursuit, la capsule Crew Dragon de SpaceX, une capsule en forme de gland pouvant accueillir sept astronautes, déclenchera des propulseurs pour se détacher d'une fusée Falcon 9 moins de deux minutes après le décollage, simulant un scénario d'interruption d'urgence pour prouver qu'elle peut revenir les astronautes à la sécurité.

L'occasion d'évoquer aussi ce fameux premier vol habité vers la Station spatiale internationale (ISS) pour le compte de la Nasa. En salle de presse, Elon Musk avait logiquement le sourire aux lèvres: "Pour autant que nous puissions en juger, c'était une mission parfaite", a-t-il déclaré.

La capsule déploiera trois parachutes pour ralentir sa descente vers l'eau et embarquera à bord de deux mannequins d'essai en forme humaine équipés de capteurs de mouvement pour collecter des données sur l'immense force g - l'effet de l'accélération sur le corps - les astronautes seraient soumis pendant l'avortement.

La réussite de ce test est indispensable pour SpaceX et pour la Nasa, qui a urgemment besoin de certifier un véhicule pour transporter ses astronautes vers l'ISS dès cette année. "Nous sommes sur le point de lancer des astronautes américains à partir de fusées américaines depuis le sol américain", s'était exprimé l'année dernière l'administrateur Jim Bridenstine.

Une minute et 24 secondes après le décollage, à une altitude d'environ 19 kilomètres au-dessus de l'Atlantique et alors que la fusée filait à plus de 1 500 km/h, une séquence d'abandon a été déclenchée pour simuler une anomalie: la capsule a allumé ses puissants propulseurs SuperDraco pour s'éjecter de la fusée et s'en distancer le plus vite possible. Dans une mission habitée, cela permettrait de sauver les astronautes sanglés à l'intérieur de Dragon, si jamais la fusée avait un problème ou suivait une mauvaise trajectoire. La société d'Elon Musk devait s'assurer que le système d'abandon de lancement de la capsule fonctionnait à la perfection.

Crew Dragon a continué, seule, sa course vers le ciel avant de retomber naturellement vers l'océan Atlantique. Depuis 2011, les États-Unis sont obligés de faire voyager leurs astronautes sur les fusées russes Soyouz, les seules à avoir cette capacité depuis la retraite des navettes américaines. La Nasa a passé un contrat similaire avec Boeing, qui a développé la capsule Starliner.

En mars 2019, SpaceX a réussi un aller-retour à vide d'une semaine vers l'ISS avec Crew Dragon.

Le premier vol habité de Crew Dragon aura comme passagers les astronautes américains Doug Hurley et Bob Behnken.

L'objectif secondaire du programme financé par la Nasa est de commercialiser l'accès à l'espace.

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