Liban: affrontements violents entre police et manifestants

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Plus de 220 personnes ont été blessées ce samedi dans des affrontements entre manifestants anti-gouvernementaux et forces de l'ordre à Beyrouth, a indiqué la Croix-rouge libanaise. Ces heurts sont parmi les plus violents depuis le début du mouvement populaire contre la classe politique, accusée de corruption.

La Croix-rouge libanaise avait de son côté annoncé avoir transporté plus de 80 personnes vers des hôpitaux, tandis que plus de 140 blessés ont été soignés sur place, selon un porte-parole de l'organisation, qui a précisé que les blessés comprenaient à la fois des protestataires et des policiers.

Des fauteurs de troubles au visage masqué lancent toutes sortes de projectiles, notamment des pierres et du mobilier urbain, en direction des policiers postés derrière des rangées de barrières et de barbelés.

Sur les réseaux sociaux, les internautes ont partagé une vidéo montrant des membres des forces de l'ordre dans une caserne de police en train de frapper violemment des personnes présentées comme des manifestants à leur descente d'un fourgon. Et quelques-uns ont tenté de franchir les barbelés.

Les forces de l'ordre, elles, ont utilisé des canons à eau et tiré au gaz lacrymogène pour disperser les manifestants. Les heurts se poursuivaient en début de soirée.

Une manifestation était initialement prévue samedi près du Parlement, vers lequel devaient converger plusieurs marches parties depuis différents points de la capitale.

"Je suis là parce qu'après 90 jours dans la rue, ils continuent de se disputer les parts (du gâteau) au sein du gouvernement sans se soucier" du peuple, a déploré Maya, une manifestante de 23 ans.

De part et d'autre de l'artère menant à l'entrée du parlement, des vitres de panneaux publicitaires ont été brisés, selon un photographe de l'AFP, qui a fait état de cas d'évanouissement parmi la foule sous l'effet des tirs de gaz lacrymogène.

Dans un communiqué sur Twitter, les forces de sécurité intérieure (FSI) ont déploré des actes "violents" appelant les "manifestants pacifiques à rester à l'écart du site [.] pour leur propre sécurité".

La contestation réclame depuis le début du mouvement un gouvernement formé de technocrates et de personnalités indépendantes de la classe politique traditionnelle.

La Banque mondiale a averti que le taux de pauvreté pourrait atteindre 50% de la population, contre le tiers actuellement, et la frustration est de plus en plus forte face à l'absence de réponse des autorités.

La colère populaire a été exacerbée par une dégradation rapide ces dernières semaines de la situation socio-économique et des restrictions draconiennes imposées aux retraits par les banques, accusées de complicité avec le pouvoir.

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