Libye: Poutine et Merkel appellent à la désescalade

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La chancelière allemande Angela Merkel est attendue samedi à Moscou pour des pourparlers avec Vladimir Poutine centrés sur les tensions irano-américaines et la guerre en Libye, crises où Moscou jouit d'une influence conséquente. Berlin entend jouer un rôle de médiateur dans la crise, ne souhaitant pas voir le pays se transformer en "deuxième Syrie".

"Jespère quavant la fin de l'année ou au cours du premier trimestre de lannée suivante au plus tard les travaux seront achevés et que le gazoduc sera lancé", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Moscou aux côtés de la chancelière allemande Angela Merkel.

"Je compte vraiment sur le fait que dans quelques heures, (.) comme nous l'avons demandé avec le président turc, (Recep Tayyip) Erdogan, les parties au conflit libyen cesseront le feu", avait déclaré M. Poutine à l'issue de la rencontre.

Moscou a aussi tenté d'y calmer le jeu en appelant mercredi de concert avec Ankara à l'instauration d'un cessez-le-feu à partir de dimanche, bien que la Russie et la Turquie soutiennent des camps opposés.

Ankara a déployé des militaires en janvier pour soutenir le gouvernement reconnu (GNA) de Fayez al-Sarraj, tandis que la Russie, malgré ses dénégations, est fortement soupçonnée de soutenir les troupes rivales du maréchal Haftar.

"Il est important de mettre fin enfin à la confrontation armée", a insisté M. Poutine, alors que le maréchal Haftar a jusqu'ici dit vouloir poursuite son offensive sur Tripoli. Angela Merkel a souligné que le Nord Stream 2 serait "mis en œuvre quoi qu'il arrive", avant de promettre de toujours soutenir le projet. "S'il y a des citoyens russes là-bas, ils ne représentent pas les intérêts de l'Etat russe et ne reçoivent pas d'argent de l'Etat russe", a affirmé Vladimir Poutine.

La Libye est plongée dans le chaos depuis le soulèvement de 2011 qui a conduit à la mort du dictateur Mouammar Kadhafi. Pour la Russie, les Occidentaux sont responsables, l'Otan ayant avec ses bombardements provoqué la chute du régime et le morcellement du pays.

Mme Merkel a réaffirmé aussi son soutien au projet et dénoncé une fois de plus les sanctions de Washington qui ont paralysé les travaux, l'entreprise posant les tuyaux sur les fonds de la mer Baltique ayant retiré son navire spécialisé pour échapper aux mesures de rétorsion américaines.

Pour la chancelière, cet accord "doit être maintenu en vie" absolument, car, même imparfait, il garantit que Téhéran ne se dotera pas de l'arme atomique.

Les deux dirigeants ont aussi abordé la guerre en Syrie, alors qu'un cessez-le-feu doit aussi entrer en vigueur dimanche à Idleb, ultime bastion des rebelles et des islamistes combattant le régime de Bachar al-Assad, soutenu par Moscou.

Autre sujet au programme: le conflit en Ukraine, où une certaine détente se fait sentir depuis plusieurs mois, couronnée par une rencontre entre Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky en décembre à Paris, sous la médiation franco-allemande.

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