"Une gifle pour Pékin" après les élections à Taïwan

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Han Kuo-yu, candidat du Kuomintang, et son colistier Chang San-cheng, sont candidats pour la direction, face à la candidate du Parti démocrate progressiste Tsai Ing-wen et son colistier Lai Ching-te, ainsi qu'à James Soong, candidat du Parti du peuple d'abord, et sa colistière Sandra Yu.L'Assemblée législative de Taïwan compte 113 sièges, dont 73 sièges régionaux élus au suffrage direct. Les résultats du scrutin devraient être annoncés samedi soir, selon la commission électorale.

"Ce consensus ne va guère s'altérer en raison d'une élection locale à Taiwan, et il ne sera pas ébranlé par les mots et les actes erronés de certains responsables occidentaux", a-t-il ajouté, par allusion au secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, qui a salué la victoire de Tsai "en dépit de pressions incessantes".

"La paix, c'est que la Chine abandonne ses menaces contre Taïwan", a assuré la présidente. "Séparée politiquement de la Chine depuis 70 ans, Taïwan n'est toutefois pas considérée comme un pays indépendant par la communauté internationale, d'où l'appelation de " dirigeante " et non de " présidente ".

Quelque 19 millions d'électeurs taïwanais étaient appelés samedi à départager deux visions divergentes de l'avenir du territoire et de ses relations avec Pékin, son plus grand partenaire commercial.

M Tsai, en poste depuis 2016 et qui a fait campagne contre le pouvoir communiste de Pékin jugé autoritaire, était opposée à Han Kuo-yu, qui défendait une approche plus souple, espérant notamment des retombées économiques pour l'île. Elle a obtenu un nouveau mandat malgré la campagne d'intimidation économique et diplomatique du pouvoir communiste pour isoler l'île.

Les tensions sont vives entre les deux rives du détroit de Taïwan car Tsai Ing-wen refuse de reconnaître le principe de l'unité de Taïwan et de la Chine au sein d'un même pays, comme le réclame le pouvoir communiste. Mais de toute évidence, "il ne sera pas content", pronostique Joshua Eisenman, analyste politique à l'Université Notre-Dame aux Etats-Unis. Mais la victoire de Tsai Ing-wen devrait changer la donne et Pékin va "rapidement vouloir mettre la pression sur son deuxième mandat", prévient-il.

Un nouveau venu sur la scène politique, Han Kuo-yu, - aujourd'hui principal adversaire de Mme Tsai et membre du KMT- remporte la mairie de Kaohsiung, historiquement un fief du DPP.

Cyberattaques, investissements dans les médias de l'île pour obtenir une image plus favorable, voire démonstrations de force militaire ne sont pas à exclure, estime Jonathan Sullivan.

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