Éric Leandri quitte la direction de Qwant mais reste actionnaire

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"On a été beaucoup critiqués et j'aimerais aussi que l'on parle de ce que Qwant fait de bien, avait alors expliqué Eric Leandri. Je pense que Jean-Claude Ghizzoni est parfait" dans ce rôle, a-t-il dit. Qwant a annoncé jeudi qu'il allait être recapitalisé par la Caisse des dépôts (CDC) et Axel Springer, deux de ses actionnaires de longue date.

Selon un communiqué du groupe (PDF), Éric Leandri - qui demeure un actionnaire de référence - va prendre la présidence d'un Comité stratégique et scientifique de Qwant.

Mais selon des sources concordantes, le gouvernement a retenu sa décision définitive dans l'attente d'obtenir des assurances sur la pérennité de l'entreprise, menacée par des résultats commerciaux insuffisants.

Eric Leandri, le dirigeant historique et actionnaire important de Qwant, a renoncé à ses fonctions exécutives, laissant les commandes à un binôme formé de Jean-Claude Ghinozzi, le nouveau patron en titre de Qwant, et Antonine Troesch, un responsable de la Caisse des dépôts nommé président du conseil de gouvernance de Qwant.

Créé en 2013 par des investisseurs privés, Qwant appartient au club mondial très fermé des moteurs de recherche, ultra-dominé par Google, mais dans lequel figurent également l'américain Bing (Microsoft), le russe Yandex, le chinois Baidu et le coréen Naver. Le moteur de recherche français fonctionne avec ses propres algorithmes pour ratisser le web et les réseaux sociaux, et ne trace pas le comportement de ses utilisateurs comme le fait Google. Qwant estime sa part du marché français des moteurs de recherche à plus de 4%, mais les sites Statscounter et Similar Web lui attribuent des parts de marché inférieures, autour de 1%.

Quand l'un remettait en cause l'indépendance technologique de l'entreprise, et s'interrogeait sur les soutiens politiques et financiers de l'entreprise, l'autre reprenait les accusations portées par Marc Longo, depuis condamné au silence sur cette affaire, et qui "accusait le moteur d'avoir un index bloqué en 2017". La Caisse des dépôts parie toutefois sur la capacité de Qwant à rebondir commercialement, a expliqué à des journalistes Antoine Troesch. La note signée du directeur interministériel du numérique se conclut donc par: "Je vous demande donc d'installer par défaut le moteur de recherche niçois Qwant sur l'ensemble des terminaux, fixes et mobiles, dont vous dotez les agents de votre administration". Qwant a enregistré " une progression commerciale et d'audience" au second semestre en 2019, tout en améliorant la performance technique de son moteur de recherche, a-t-il affirmé. "La recommandation de Qwant comme moteur de recherche par défaut n'est pas une décision de souveraineté numérique, fait valoir Nadi Bou Hanna, mais de recherche du meilleur compromis parmi les solutions disponibles à ce jour".

Qwant, qui emploie 150 salariés, ne précise pas le montant de la recapitalisation prévue par la Caisse des dépôts et Axel Springer, qui détiennent déjà ensemble au moins 35% du capital, selon l'AFP.

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