Le sultan est mort, vive le sultan — Oman

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Le sultan d'Oman Qabous, est décédé à l'âge de 79 ans, a annoncé samedi le cabinet royal à l'agence de presse officielle omanaise. Le sultan Qabous est arrivé au pouvoir en 1970, par un coup d'État contre son propre père, et a régné depuis en monarque absolu, avec une vie politique sous étouffoir comme dans aucun des pays de la région.

"Haitham ben Tarek a prêté serment comme nouveau souverain (.) après une réunion de la famille royale qui a validé le choix (d'un successeur fait par le défunt) sultan", a écrit le gouvernement sur Twitter.

Le sultan, qui n'était pas marié et n'avait pas d'enfants ni de frères, devait, d'après la Constitution, écrire une lettre désignant son successeur au sein de la dynastie royale, qui sera ouverte si sa famille ne parvient pas à s'accorder sur un nom dans un délai de trois jours après sa mort.

Il a également été le premier dirigeant de la Fédération de football d'Oman au début des années 1980.

Les médias d'Etat avaient annoncé le 31 décembre dernier que l'état de santé du sultan était stable après des semaines de rumeurs, rapporte le quotidien 20 Minutes. Lorsqu'il prend possession du trône en juillet 1970, il entreprend de moderniser ce qui est alors le pays le plus pauvre de la péninsule arabique, mais qui commence à exporter du pétrole.

Sous le règne du sultan Qabous, Oman a consolidé son rôle de pays modéré et neutre dans un Golfe secoué de tensions politiques, notamment avec l'inimitié entre les États-Unis, alliés des États arabes du Golfe, et l'Iran. Le sultanat, neutre, joue en effet régulièrement les bons offices pour ses alliés occidentaux, notamment dans leurs relations tendues avec l'Iran voisin.

Depuis l'élimination par les forces américaines du général iranien Qassem Soleimani en Irak la semaine dernière, les tensions régionales sont montées d'un cran.

Les sanctions américaines qui affectent lourdement l'économie iranienne n'ont cessé de se multiplier depuis que l'administration du président Donald Trump a décidé de se retirer de l'accord sur le nucléaire avec l'Iran, dossier sur lequel Mascate avait été sollicité.

Le sultan qui, selon des diplomates, a souffert d'un cancer du colon nécessitant de fréquentes hospitalisations en Europe, n'a pas d'héritier désigné et sa disparition ouvre une période d'incertitude pour ce pays, situé entre l'Iran et l'Arabie saoudite.

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