Camouflet pour le milliardaire russe Dmitri Rybolovlev à Monaco - 13 décembre 2019

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C'est une saga qui anime la principauté depuis presque cinq ans, le patron de l'AS Monaco, Dimitri Rybolovlev avait déposé plainte en 2015 contre son marchand d'art Yves Bouvier pour d'escroquerie.

Le propriétaire du club de football de l'AS Monaco avait accusé Yves Bouvier de lui avoir fait payer des prix exagérés et d'avoir pris une coupe injuste sur une pléthore d'œuvres qu'il avait acquises pour plus de 2,1 milliards de dollars. Le Genevois fait l'objet depuis 2015 d'une plainte pour escroquerie déposée par le milliardaire russe Dmitri Rybolovlev.

Cette proximité a vicié la procédure, selon la cour qui considère que l'ensemble des investigations ont été conduites de manière partiale et déloyale et souligne que les différents protagonistes, hors mis en cause, ont violé, de façon répétée, le principe de loyauté dans l'obtention de la preuve.

Elle estime également que 'l'ensemble des actes de l'enquête (.) se trouve entaché par ce grief (atteintes aux droits de la défense)', ainsi que l'inculpation d'Yves Bouvier et de la Bulgare Tania Rappo, une amie commune qui avait présenté les deux hommes. Cette décision est un tournant majeur dans l'affaire Rybolovlev et marque la fin des procédures judiciaires à Monaco contre le Genevois, ajoute sa défense.

Une interprétation rejetée par les conseils de Dmitri Rybolovlev.

"Bouvier aurait bien tort de se réjouir car cela n'affecte en rien le fond de l'escroquerie gigantesque qui lui est reprochée", a réagi jeudi auprès de l'AFP Me Hervé Temine, l'un des avocats de M. Rybolovlev, qui a annoncé un pourvoi devant la Cour de révision de la Principauté, équivalent de la Cour de cassation en France.

En 2015, Dmitri Rybolovlev a accusé le marchand d'art Yves Bouvier de l'avoir escroqué d'environ un milliard de dollars en lui revendant des tableaux de maître avec des marges exorbitantes.

Or, selon les avocats du milliardaire, Yves Bouvier aurait d'abord négocié les oeuvres au meilleur prix pour son propre compte, avant de les revendre à un prix supérieur aux sociétés de Dmitri Rybolovlev.

En cours d'instruction, la justice monégasque s'était mise à soupçonner l'intouchable M. Rybolovlev d'avoir usé de son entregent auprès de dirigeants de la police et de ministres pour piéger M. Bouvier.

"Le dossier, c'est celui d'une fausse accusation rendue possible par un système de corruption qui a broyé tout ce qui s'est mis en travers de sa route", avait affirmé Me Franck Michel, l'un des avocats d'Yves Bouvier, estimant que l'affaire des tableaux n'aurait jamais dû atterrir sur le bureau d'un juge de Monaco.

M. Rybolovlev a été inculpé en 2018 pour "corruption active" et "trafic d'influence".

Soupçonnés d'avoir aidé le milliardaire russe, trois hauts dirigeants policiers, l'ex-garde des Sceaux Philippe Narmino et l'ex-ministre de l'Intérieur monégasques Paul Masseron ont également été mis en cause.

"En réalité, c'est une guerre économique" menée par le milliardaire russe contre M. Bouvier pour mettre à mal son activité dans les ports francs, des zones prospères de transit et de stockage hors douane, poursuit l'avocat, prêtant à des proches du pouvoir russe des projets concurrents.

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