Le procès d’Ouyahia et Sellal reporté encore une fois !

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Ces responsables dont les deux anciens premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ainsi que d'anciens ministres et hommes d'affaires, sont poursuivis pour "dilapidation de deniers publics, abus de fonction et octroi d'indus avantages à autrui" lors de passation d'un marché public en violation des dispositions législatives et règlementaires notamment dans l'affaire programmée ce lundi, relative au montage de véhicules. Une foule nombreuse s'est amassée à l'intérieur du tribunal et devant la salle d'audience, rendant le déroulement du procès très difficile. Les journalistes et les citoyens ont été empêchés d'accéder à la salle d'audience.

Ce procès est le premier consécutif aux vastes enquêtes sur des faits présumés de corruption déclenchées après la démission, en avril, d'Abdelaziz Bouteflika, poussé au départ par un mouvement populaire de contestation du régime inédit, après 20 ans à la tête de l'Etat.

"Dans les conditions actuelles, caractérisées par le règlement des comptes et des vengeances, il n'est pas possible d'assister à un procès équitable, et le respect des droits, l'indépendance de la justice et des magistrats ne sont pas réunies dans ce procès", a déclaré Me Sellini à la presse après le report à mercredi du procès à Sidi M'hamed.

D'autres affaires, qui doivent être jugées ultérieurement, concernent notamment des passations de marchés publics et le financement de campagnes électorales de M. Bouteflika.

Tous en détention provisoire depuis plusieurs mois, les accusés jugés lundi sont arrivés dans des fourgons cellulaires encadrés par une forte escorte policière.

Deux anciens ministres de l'Industrie de M. Bouteflika, Mahdjoub Bedda (2017) et son successeur Youcef Yousfi (2007-2019) comparaissaient également, selon l'avocat.

"Ce n'est plus une justice, mais une basse-cour", s'est-il indigné, en révélant que le tribunal de Sidi M'hamed n'a fait que violer toutes les lois depuis qu'il a été enjoint d'instruire les affaires des anciens responsables politiques incarcérés sur ordre du chef d'état-major.

Outre Ali Haddad -dont une filiale de son groupe distribue les poids-lourds Astra (filiale de la marque italienne de véhicules industriels Iveco) en Algérie-, plusieurs hommes d'affaires figuraient sur le banc des accusés, selon Me Bourayou.

Entre autres, l'ancien vice-président du FCE Mohamed Bairi, PDG du groupe Ival possédant l'usine de montage algérienne de véhicules industriels Iveco, et Ahmed Mazouz, président du groupe éponyme qui assemble et distribue en Algérie des véhicules de marques chinoises.

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