" "Des " preuves accablantes " attestent la culpabilité du président américain — Destitution de Trump

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Et compte tenu de la majorité démocrate à la Chambre (233 sièges), Donald Trump a toutes les chances de devenir le troisième président américain de l'histoire mis en accusation, après Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998, tous les deux acquittés par la suite (Richard Nixon avait démissionné au moment de l'enquête de la Chambre, abandonnant la procédure).

L'enquête ouverte à l'encontre du président en vue d'une procédure de destitution, qui a été lancée fin septembre par la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, entrera cette semaine dans une nouvelle phase.

Donald Trump est dans la tourmente parce qu'il a demandé à l'Ukraine d'enquêter sur Joe Biden, un de ses adversaires potentiels à la présidentielle de 2020.

Ce rendez-vous a été "fixé il y a un an", a-t-il lancé avant de quitter la Maison-Blanche.

"Le stratagème du président Trump a subverti la diplomatie des États-Unis à l'égard de l'Ukraine et sapé notre sécurité nationale en faveur de deux enquêtes à motivation politique qui pourraient aider sa campagne de réélection présidentielle", est-il écrit dans le rapport. "Ce rapport ne reflète rien d'autre que leurs frustrations", a-t-elle dit. Des marches des femmes qui ont eu lieu dans tout le pays après son investiture, aux candidates qui ont pris la tête de la vague démocrate lors des élections de mi-mandat de 2018, elles sont nombreuses à avoir dénoncé avec vigueur le locataire de la Maison-Blanche.

Les démocrates reprochent aussi à Donald Trump d'avoir entravé leur enquête en bloquant la transmission de documents et les témoignages de ses principaux conseillers mais aussi via des tentatives vaines d'empêcher d'autres dépositions et d'intimider des témoins.

Une "véritable honte": Donald Trump a éreinté lundi les démocrates pour avoir prévu une audition dans l'enquête en destitution qui le vise à Washington tandis qu'il se trouve au Royaume-Uni pour un sommet de l'OTAN.

"C'est très dangereux pour un pays d'avoir un président sans éthique, qui croit être au-dessus des lois", a déclaré Adam Schiff après la publication du rapport. La balle est maintenant dans le camp de la commission des affaires judiciaires, qui doit rédiger les actes d'accusation contre le président américain, sur les bases de ce rapport.

Elle doit transmettre mardi son rapport d'enquête à la commission judiciaire, qui est elle chargée de qualifier juridiquement les faits reprochés au chef de l'Etat.

Forts de leur confortable majorité à la Chambre, les démocrates devraient approuver l'impeachment de Donald Trump sans difficulté, si la mise en accusation est bien soumise à un vote. Après deux mois d'enquête, le Congrès entame mercredi ce débat juridique en s'appuyant sur les "preuves accablantes" que les démocrates disent avoir rassemblées contre le président américain. Cette commission, présidée par le démocrate Jerry Nadler, un ennemi de longue date du magnat de l'immobilier, commence ses travaux dès mercredi en auditionnant quatre experts en Droit constitutionnel, trois choisis par les démocrates et un par les républicains. Dans leur propre rapport d'enquête, publié lundi soir, les républicains ont de leur côté blanchi le président: "Les éléments présentés ne prouvent aucune des accusations des démocrates".

Comme leurs élus, les Américains sont profondément divisés par la possible mise en accusation de Donald Trump, avec 49% qui la soutiennent et 44% qui y sont opposés, selon une moyenne des sondages établie par RealClearPolitics.

L'ancien stratège Steve Bannon, pourtant en disgrâce auprès de la Maison-Blanche, vient d'inaugurer un podcast quotidien destiné à défendre Donald Trump. Les républicains sont en effet majoritaires au Sénat et, pour l'instant, ils font bloc autour du président.

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