Voici la liste des produits français que l'administration Trump veut taxer

Share

Lundi 2 décembre, les États-Unis ont annoncé qu'ils pourraient imposer des droits de douane supplémentaires, pouvant aller jusqu'à 100 %, sur environ 2,4 milliards de dollars de produits français.

Le Bureau du Représentant américain au Commerce (USTR) a estimé que la "taxe Gafa", adoptée en juillet dernier par le Parlement français, n'est "pas conforme aux principes de politique fiscale internationale et constitue un fardeau anormal pour les entreprises américaines affectées". Le ministre Bruno Le Maire promet "forte" riposte européenne en cas de sanctions américaines.

En réponse à l'instauration d'une taxe française sur les géants américains du numérique, le représentant américain au Commerce suggère de surtaxer de nombreux fromages dont le Roquefort, les yaourts, le vin pétillant ainsi que des produits cosmétiques.

Ce dispositif doit rapporter à l'Etat français quelque 400 millions d'euros, une somme qui peut sembler dérisoire - Apple a par exemple annoncé il y a un peu plus d'un mois un bénéfice annuel de plus de 55 milliards de dollars.

La hache de guerre est déterrée.

La taxe Gafa à la française impose donc les géants du numérique à hauteur de 3% du chiffre d'affaires réalisé en France, notamment sur la publicité ciblée en ligne, la vente de données à des fins publicitaires et la mise en relation des internautes par les plateformes.

Les grands noms de la tech se voient régulièrement reprocher de ne pas payer leur juste part d'impôt, grâce à des montages d'optimisation qui leur permettent de transférer leurs bénéfices vers des Etats à faible fiscalité.

Ces nouvelles menaces sont en outre dévoilées peu avant une rencontre entre Donald Trump et le président français Emmanuel Macron lors du sommet de l'OTAN, qui s'ouvre mardi à Londres.

Côté français, les menaces américaines faisaient souffrir mardi les valeurs du luxe à la Bourse de Paris.

Après avoir soutenu la quête d'une solution internationale, l'administration Trump, plutôt connue pour critiquer les négociations multilatérales quel que soit leur objet, aurait selon la France et la Commission européenne d'ores et déjà pris ses distances avec le projet mené par l'OCDE.

"Le rapport de l'USTR envoie un signal clair à la France, et avertit les autres pays qui sont en train de finaliser des mesures similaires que des taxes discriminantes ne seront pas tolérées", a réagi Matt Schruers, directeur exécutif de la fédération de l'industrie de l'informatique et des communications. LVMH - qui vient de mettre la main sur le joailler américain Tiffany - ainsi qu'Hermès ou Kering étaient dans le rouge à la mi-journée.

Share