L’école française, cette élève "moyenne" qui ne progresse pas — Nouveau classement Pisa

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Les élèves français sont au niveau de l'Allemagne ou encore de la Belgique entre le 20 et 26e rang des pays de l'OCDE. Pas de grosses surprises pour la France, qui se classe légèrement au-dessus de la moyenne. Depuis la dernière enquête Pisa, qui mettait l'accent sur la lecture en 2009, "elles ne se sont pas aggravées mais leur niveau est toujours très inquiétant", souligne-t-il.

Les élèves canadiens ont également obtenu un fort rendement en sciences et en mathématiques: parmi les 79 pays ayant participé au PISA 2018, neuf surpassent le Canada en mathématiques et cinq en sciences. Sur une échelle de 0 à 1000 leur score s'élève en moyenne à 493 en compréhension écrite (contre 487 pour l'OCDE), à 495 en mathématiques (contre 489 pour l'OCDE), et à 493 en sciences (contre 489 pour l'OCDE). C'est considérable, et très nettement au-dessus de la différence observée en moyenne dans les autres pays (87 points). Seuls le Luxembourg et Israël ont des écarts nettement plus importants que celui observé en France. Elle reste l'un des pays de l'OCDE où l'écart de résultats entre élèves issus d'un milieu socialement favorisé et élèves d'extraction modeste est le plus fort: il s'établit à 107 points (contre 110 précédemment), tandis que la moyenne de la zone est de 89 points.

De même, on observe un écart conséquent sur la lecture entre les élèves autochtones et ceux issus de l'immigration, qui plus souvent sont aussi issus d'un milieu défavorisé.

Les résultats seront publiés mardi.

"Dans de nombreux pays asiatiques, l'éducation des enfants est la priorité numéro 1, les enseignants suivent des formations de qualité et on décide d'investir dans les établissements en difficulté", explique Eric Charbonnier, spécialiste de l'éducation à l'OCDE_._ En Corée du Sud, également bien classée_, "les enseignants sont très valorisés dans la société et leurs salaires y sont très attractifs_", poursuit-il. Seulement un garçon sur deux est dans ce cas. Tous les trois ans, cette étude de l'OCDE mesure, dans 80 pays dont les 36 membres de l'OCDE, les performances des élèves de 15 ans.

Les exercices ont été soumis en mai 2018 à 600 000 jeunes de 79 pays et territoires, échantillon représentant 32 millions d'élèves. Ils déclarent aussi plus qu'ailleurs des problèmes de discipline en classe.

Cette caractéristique demeure le "point noir " de la France, commente Pauline Givord, analyste à l'OCDE.

Un élève sur quatre dans les pays de l'OCDE ne parvient pas à effectuer les tâches les plus simples en compréhension de l'écrit, ce qui signifie qu'il aura probablement du mal à réussir dans un monde de plus en plus instable et numérique, met en garde l'organisation. En attendant, l'OCDE recommande une réflexion plus globale sur le métier d'enseignants, ou sur les filières professionnelles qui sont encore choisies en France "par défaut", et où se concentrent un grand nombre d'élèves défavorisés. Et deux sur cinq estiment que le temps d'apprentissage est réduit en raison du bruit (contre un sur quatre en moyenne dans la zone).

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