Belgique : Une ville retire son carnaval, accusé d’antisémitisme, du patrimoine de l’Unesco

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En mars dernier, la présence au carnaval d'un char antisémite, caricaturant des Juifs orthodoxes arborant des nez crochus, se tenant debout sur des sacs d'argent et entourés de rats, avait déclenché une polémique.

Le pas de trop dans la satire pour Alost et son carnaval.

Cette ville flamande, située entre Gand et Bruxelles, a annoncé ce dimanche avoir retiré son carnaval du patrimoine de l'humanité de l'Unesco.

Le maire d'Alost, Christoph D'Haese, avait défendu un char du cortège qui avait créé la polémique lors de la dernière édition.

Le char avait mis dans l'embarras l'Union Européenne et avait été décrié par les organisations juives. Le carnaval précède le mercredi des Cendres, une célébration catholique. Il aura lieu en 2020 du dimanche 23 au mardi 25 février.

Huit mois plus tard, Christoph D'Haese a expliqué à plusieurs médias locaux avoir décidé le retrait du carnaval de la liste de l'Unesco, en apprenant que l'organisation avait prévu de le faire mi-décembre, après l'échec de discussions pour trouver un accord.

Le maire de la ville, qui a donc devancé la décision de l'Unesco, s'est défendu de toute accusation raciste dans un communiqué de presse adressé à l'agence Belga. Tous ceux qui soutiennent cela le font de mauvaise foi.

Le responsable de l'Association juive européenne basée à Bruxelles a déclaré que les responsables d'Alost " sautaient avant d'être poussés", selon un communiqué.

" Malgré des critiques générales, des représentations clairement grotesques et antisémites et la possibilité de reconnaître au moins le tort causé, le maire d'Alost a persisté dans une attitude de défi et de moquerie. Alost restera toujours la capitale de la moquerie et de la satire".

Le carnaval d'Alost était inscrit depuis 2010 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'Unesco.

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