14,4 milliards d'euros : un budget record pour l'agence spatiale européenne

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Ce montant n'avait encore jamais été atteint depuis la création de l'organisation intergouvernementale en 1975.

Les 22 pays membres de l'ESA, réunis à Séville, ont alloué une enveloppe de globale de 14,4 milliards d'euros aux futurs programmes spatiaux, sur une durée de trois à cinq ans.

Pour Jean-Yves Le Gall, président du CNES, cette "nouvelle fantastique" va avoir pour conséquence le renforcement de deux programmes d'importance: la lutte contre le réchauffement climatique et l'exploration.

Même si l'Europe a conquis son indépendance spatiale il y a quarante ans grâce à la fusée Ariane, elle court aujourd'hui le risque d'être largement distancée par les Etats-Unis et la Chine. L'Allemagne est devenue le premier contributeur avec une participation de 3,29 milliards d'euros, devançant pour la première fois la France (2,66 milliards), l'Italie (2,28 milliards) et le Royaume-Uni (1,65 milliard).

" C'est un témoignage évident de notre ambition commune pour l'Europe ", commente la ministre française de la Recherche, Frédérique Vidal, qui co-présidait la réunion ministérielle. "Mais sur les trois prochaines années, la France reste en tête", a précisé la ministère de la Recherche. Pour le patron du CNES, l'investissement massif dans la surveillance de la Terre "façonne une nouvelle Europe spatiale, plus proche des citoyens avec des préoccupations climatiques".

Autre volet soumis à discussion: les programmes d'exploration (près de 2 milliards d'euros sont sur la table) comme le financement de la station spatiale internationale (ISS), les activités liées à Mars et à la Lune, dans un contexte marqué par les annonces américaines de retour sur la Lune dès 2024. "Concernant l'accès à l'espace, " nous continuerons à avoir deux lanceurs européens souverains (Ariane et Vega, ) ", se réjouit la ministre, soulignant la " complémentarité " entre Ariane et le lanceur italien. Les partenaires européens ont décidé de développer de nouvelles technologies d'avenir, telles que le moteur réutilisable et bas coût Prometheus, l'étage supérieur ultraléger en carbone Icarus et l'étage réutilisable Thémis. "L'enjeu pour l'Europe est de ramener des échantillons purs", explique Gilles Rabin, chargé de la science au CNES. Son budget "nous donne les moyens" pour "la montée en puissance d'Ariane 6 et les financements de démonstrateurs technologiques innovants absolument essentiels pour assurer une compétitivité durable", a complété dans un communiqué André-Hubert Roussel, président exécutif d'ArianeGroup.

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