Tests en hausse, cas de séropositivité stables — VIH

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Avec 5,80 millions de tests réalisés en 2018 dans les laboratoires d'analyses, le dépistage du sida a connu une hausse considérable.

"La diminution du nombre de découvertes de séropositivité, couplée à une augmentation de l'activité de dépistage, peut refléter une diminution du nombre de personnes infectées non diagnostiquées et/ou une diminution de l'incidence depuis plusieurs années", note donc le BEH. La surveillance épidémiologique indique que "52% des personnes nouvellement diagnostiquées n'avaient jamais fait un test de dépistage et 30% présentaient un stade avancé de la maladie". En 2018, le nombre de sérologies VIH effectuées en Auvergne Rhône-Alpes a été estimé à 604 136 soit 76 pour 1000 habitants, se situant dans la moyenne nationale (hors Ile-de-France). "Son amélioration est nécessaire afin de réduire la méconnaissance de la séropositivité et d'améliorer la précocité du diagnostic pour une mise sous traitement antirétroviral rapide".

Chargé d'évaluer la politique de dépistage du Sida en France, le Conseil national du Sida tire la sonnette d'alarme dans un rapport expliquant que si les chiffres sont en baisse en matière de nouveaux malades diagnostiqués, ils ne sont pas aussi bons qu'ils devraient l'être par rapport aux autres pays.

Moins de contaminations, ou des tests faits par les personnes moins à risque?

Mais plus de la moitié des hommes et près d'un tiers des femmes n'ont jamais réalisé de test. En effet, 90% des 18-75 ans se déclarent en faveur d'un dépistage du VIH au moins une fois au cours de la vie. "Un constat préoccupant, compte-tenu des actions de promotion de la santé ciblées sur ces groupes au cours des dernières décennies", ajoute-t-elle. Rappelons qu'en 2017, la Haute Autorité de santé avait justement préconisé l'augmentation de la fréquence du dépistage du VIH au sein de ces publics: tous les trois mois pour les hommes homosexuels et tous les ans pour les personnes originaires de zones de forte prévalence de l'infection (notamment Afrique subsaharienne et caraïbes) et les usagers de drogues injectables. Ce sont majoritairement des citadins, très éduqués, qui s'emparent de cet outil, selon un programme promu en ligne au printemps 2018. "En dépit des efforts engagés, les indicateurs ne montrent pas de réduction de l'épidémie en France d'un niveau aussi important qu'à l'étranger, dans des villes et des pays comparables aux nôtres", grince cette organisation, qui déplore aussi des "retards" du recueil de certaines données sur l'évolution de l'épidémie.

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